Coup de filet dans les rangs de QNET en Guinée : plusieurs jeunes interpellés à Conakry et en province

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Les autorités guinéennes ont déclenché un ratissage sur toute l’étendue du territoire national contre QNET et ses ramifications en Guinée. Ce vaste coup de filet des Services spéciaux chargé de la lutte contre le banditisme et le crime organisé, a permis d’interpeller plusieurs dizaines de jeunes guinéens et étrangers dans les conditions douteuses à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Ce samedi 26 octobre, un groupe d’une dizaine de jeunes a été appréhendé dans une concession à Keitaya sur la transversale numéro 10 dans la commune de Dubréka. Plus d’une cinquantaine de jeunes dont trois maliens, a été arrêté dans les mêmes conditions à Kamsar. Ils ont été mis à la disposition du Tribunal de Première Instance (TPI) de Boké.

S’exprimant sur le sujet, Djibril Fulgence Bangoura, deuxième Vice-maire de la commune rurale de Kamsar s’est dit surpris de voir un tel regroupement de jeunes dans sa municipalité. « Ce rassemblement des jeunes venus de divers horizons dépasse notre entendement. J’invite la population de Kamsar d’abandonner ce genre de regroupement en ce moment de crise sociopolitique. Ces personnes qui se livrent à cette pratique peuvent avoir une autre intention », a-t-il signalé.

Même son de cloche chez le sous-préfet de Kamsar, le lieutenant-colonel Jean Felix Bangoura. Selon lui, un tel regroupement constitue une véritable préoccupation non seulement pour les autorités locales mais aussi pour les services de défense et de sécurité. « Il y a 72 heures que nous avons instruit au commissariat central de Kamsar de tirer au clair ce regroupement de jeunes dans ma juridiction. Ce rassemblement des jeunes suscite des soupçons et des inquiétudes. En tant que première autorité administrative de Kamsar, je ne connais personne parmi ces jeunes. Ce regroupement nous donne à réfléchir surtout en ce moment de crise… », a-t-il laissé entendre.

Interrogé, Satigui Camara, le Représentant Indépendant de Qnet depuis le 8 mai 2019 s’explique : « j’étais à Conakry quand mon cousin m’a fait appel pour prendre part à une activité. C’est l’occasion que j’ai saisie. C’est pourquoi je suis en train d’évoluer dans cette entreprise Qnet. Aujourd’hui, je suis en train de satisfaire à mes petits besoins sans tendre la main aux parents. Nous sommes regroupés dans une concession parce que nous sommes dans un système. C’est-à-dire, quand vous achetez un produit, l’entreprise vous demande d’écouler deux autres produits. Si vous faites cela, la société va vous accorder des avantages. C’est pourquoi on fait appel aux meilleurs amis et aux parents.  Les prix des produits varient entre 700, 800 jusqu’à 2 000 dollars (…) ».

Contrairement au précédent intervenant, Daouda Kéira, une ‘’victime’’ de système raconte sa mésaventure : « j’étais à Faranah quand j’ai été appelé par mon petit frère pour m’annoncer que la société GAC recrute des jeunes dans différentes filières à Kamsar. Il m’a dit de venir avec huit millions de francs guinéens comme caution d’embauche. Ma maman s’est endettée pour me trouver cet argent. Depuis que je me suis inscrit le dimanche, ils m’ont dit de suivre les cours à partir de lundi. C’est ce jour que j’ai compris qu’ils m’ont trompé. Aujourd’hui, je demande mon argent. A chaque fois que je réagisse, il y a des gens qui me temporisaient. Si je fais un mois sans boulot, les créanciers vont emmerder mes parents au village. »

Prenant la parole, le lieutenant-colonel Fodé Bakary Cissé, Chef de division au Secrétariat à la Présidence chargé des services spéciaux a indiqué que depuis 2016 qu’ils se battent contre le mode opératoire de l’entreprise Qnet en Guinée. « Aujourd’hui, tout le monde a compris qu’il ne s’agit pas d’un simple commerce en ligne. Il y a beaucoup d’autres activités connexes. Les soixante-treize jeunes que nous venons d’interpellés à Kamsar, seront mis à la disposition du Tribunal de Première Instance de Boké.  Les responsables de Qnet vont devoir rembourser toutes les victimes. Nous sommes en face d’une situation sécuritaire nationale où chaque citoyen doit y veiller », a-t-il interpellé.