Cour d’appel de Conakry : Les victimes collatérales de la grève du Barreau de Guinée…

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Depuis plusieurs semaines, les avocats refusent d’enfiler la robe noire pour assister aux audiences de la Cour d’Appel de Conakry. Un boycott dû à la prestation de serment de 11 avocats stagiaires.

L’Ordre des Avocats estime que ces nouveaux stagiaires n’ont pas obtenu la moyenne nécessaire pour intégrer la profession. Pour se faire entendre, ils ont décidé de boycotter les audiences à la Cour d’Appel. Et ce boycott n’est pas sans conséquence. Car plusieurs dossiers en appel doivent être jugés, mais faute d’avocats, il ne peut y avoir d’audiences.

Si de nombreux citoyens ordinaires doivent comparaitre à la barre, parce que n’étant pas d’accord du jugement rendu en première instance, il y a aussi les membres du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont son Coordinateur national, Abdourahmane Sano, les artistes Elie Kamano, Bill de Sam, mais aussi le vice-maire de Matam, Badra Koné.

Condamnés à des peines de prison allant de 6 mois à un an, les membres du FNDC devraient probablement être acquittés lors des procès en appel. Car beaucoup restent convaincus que leur emprisonnement est « illégal » et « vise  uniquement à les déstabiliser » moralement. Mieux, la communauté internationale ne cesse d’appeler au dialogue et au respect au droit de manifester, ce pourquoi ces défenseurs de la Constitution ont été arrêtés et condamnés.

Certains estiment que le Barreau devrait reconsidérer sa décision de boycott des audiences de la Cour d’Appel, puisque la Cour suprême a suspendu la prestation de serment des 11 stagiaires. Ce « refus » des avocats de reprendre du service au niveau de la Cour d’Appel est perçu par d’autres comme une manière de maintenir les membres du FNDC en prison plus longtemps.

Joint au téléphone, le bâtonnier, Djibril Kouyaté, a affirmé qu’il s’est suffisamment exprimé sur cette affaire de boycott des audiences de la Cour d’Appel et qu’il ne veut pas en reparler, surtout au téléphone. Il ajoute aussi qu’actuellement, les avocats sont en formation. Ce qui laisse entendre que même s’ils décident de reprendre le travail, ils ne peuvent pas participer à des audiences pendant cette période. Et pendant de ce temps, plusieurs personnes croupissent en prison.