Couvre-feu en haute banlieue de Conakry: Des agents des forces de l’ordre accusés de braquage

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Photo d'archive

Depuis l’instauration du couvre-feu le 30 mars, des citoyens se plaignent des abus des forces de l’ordre. Décrété dans la soirée du 31 mars, le couvre-feu devrait entrer en vigueur le lendemain. Mais le même jour, des citoyens qui se trouvaient dehors au-delà de 21 heures ont été spoliés de certains de leurs biens à Lansanaya Barrage par des forces de l’ordre.

Le mercredi 8 avril, aux environs de 22 heures, des hommes en treillis ont fait irruption dans la chambre de Mme Djenabou Diallo, au niveau de la T8. Ils lui ont pris son ordinateur Lenovo Tinpad et son téléphone Samsung. La victime explique les circonstances de ce vol : « C’est à 22 heures qu’ils sont entrés dans la cour. Moi, j’étais connectée dans ma chambre quand j’ai tout d’un coup entendu du bruit dehors. Je suis venue à la porte pour voir ce qui se passait, puisque le bruit c’était à l’intérieur de la cour. C’est là qu’un des hommes en treillis m’a terrassée, après m’avoir tapé au niveau du coup. Il a pris le téléphone. Il a ensuite pris l’ordinateur qui était branché et posé sur la table. Il est parti avec le câble, laissant le chargeur ici. Quand ils sont sortis, ils ont fermé la porte de la cour par derrière. Ce qui nous a empêchés de sortir. »

Sans téléphone, elle ne savait qui appeler. Et le matin, Mme Djenabou est allée au commissariat, puis à la gendarmerie, mais rien : « Le matin, je suis allée au commissariat, eux ils disent qu’ils n’ont pas de véhicule de patrouille. A la gendarmerie, ils me disent qu’ils ont un véhicule mais qu’ils n’entrent pas dans le quartier. Pourtant, beaucoup de témoins m’ont dit que des gendarmes étaient venus avec leur pick-up jusqu’au niveau de la mosquée derrière ici. »  Le vendredi 10 avril, Mme Djenabou a décidé de porter plainte à la Direction centrale de la police judiciaire contre X.

Et ce 10 avril exactement, aux environs de 22 heures aussi, la même scène a failli se reproduire. Des gendarmes ont voulu arrêter un jeune qui allait aux toilettes. Quand celui a fui, laissant la bouilloire derrière lui, ils ont tenté d’entrer dans une cour déjà fermée. L’acte s’est passé à 200 m du rond-point de la T8 vers Dabompa, selon nos informations.

« Ils ont cogné le portail, mais les jeunes, ayant entendu le bruit, se sont mobilisés et ont crié. C’est à ce moment qu’ils ont tiré un coup de feu et sont partis », a témoigné un jeune habitant dans les parages.