Covid-19/Boffa : des communes rurales confrontées au manque de ressources financières

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Le maire de Lisso

A cause de la pandémie de Covid-19, la plupart des communes rurales de la préfecture de Boffa sont confrontées à des sérieuses difficultés de mobilisation des ressources locales pour financer des actions pour le développement de leurs localités respectives.

C’est le cas par exemple de la commune rurale de Mankountan. Selon le maire de cette commune rurale, la localité est confrontée au problème de recouvrement des fonds propres. « Depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, nous avons des difficultés de mobilisation de ressources locales. Les citoyens ne payent pas les taxes des armes de chasse, des bâtiments, même au niveau du marché hebdomadaire que nous avons ici ce n’est pas facile.

Tandis que c’est grâce à ces différentes taxes que nous parvenons à poser des actes de développement de nos plans annuels d’investissement. Si ce n’était pas la bonne initiative de l’État de créer l’Anafic et le FODEL, tout en mettant à leur disposition des fonds pour permettre aux différentes collectivités de réaliser certains projets de développement, nous ne pourrions rien faire », a déploré Mamadouba Camara.

« Avant l’arrivée de Covid-19, nous n’avions rien mobilisé comme recettes locales. Actuellement, les citoyens ne sont pas faciles à gérer. La sous-préfecture n’a même pas de marché hebdomadaire. Les boutiques et kiosques qui sont là ne donnent rien à la collectivité. Nous n’avons pas de carrière de sable ni encore moins de graviers. Si nous réclamons ces taxes, rare sont des gens qui s’acquittent. Nous sommes allés comme ça jusqu’à l’arrivée de covid-19. C’est vrai que les ressortissants participent au développement de cette Commune. Ils doivent nous aider à sensibiliser les parents, à comprendre que les contributions locales qu’ils donnent rentrent directement au développement de leur localité », a ajouté le maire de la commune rurale de Lisso, Mamadou Samansira Camara

Par ailleurs, un citoyen rencontré dans la sous-préfecture de Mankountan et qui a préféré s’exprimer sous l’anonymat, dit avoir vu les citoyens payer des taxes, mais en retour, on ne voit rien.

« Le problème, ce n’est pas le payement des taxes foncières et autres mais c’est la gestion de ces taxes. Il y a des carrières ici. Chaque jour, les camions prennent du sable, mais la communauté ne voit pas la rentabilité. C’est pourquoi beaucoup gens refusent aujourd’hui de s’acquitter », déplore-t-il.