COVID 19 : Dr Sakoba a-t-il posé le bon diagnostic ?

0
380

Dans la stratégie de riposte à la COVID 19, Dr Sakoba Keîta, directeur général de l’Agence nationale de la Sécurité Sanitaire, applique la même méthode qu’il avait utilisée contre Ebola : tous les cas positifs sont immédiatement hospitalisés. C’eût été génial, si la Guinée avait un nombre  de lits suffisant dans les services infectiologie de Donka, réquisitionnés pour le traitement du coronavirus. La capacité réelle in situ est de 200 lits, extensible à 600 lits, mais avec beaucoup de rafistolage, selon nos sources. Même si tous les hôtels sont mis à contribution, la capacité maximale sera de 1600 lits. Une goutte d’eau dans un océan au regard de la contagiosité et de la rapidité de propagation du Covid 19. En deux jours, (le mercredi -31 cas- et le samedi-111 cas-), le nombre de malades a été multiplié par 3,6. A ce rythme, on aura 5194 cas positifs au 30 avril 2020, c’est-à-dire à la fin de ce mois. Et il n’y aura pas de lits pour tout le monde.

Pour résoudre le problème de capacité hospitalière, l’Italie et la  France n’hospitalisent pas automatiquement les cas positifs. Les patients restent chez eux avec leurs médicaments et leur posologie. Seuls ceux qui développent des difficultés respiratoires (19%)  sont habilités à être hospitalisés. Il est vrai que les images en boucle à la télévision  de grabataires sous assistance respiratoire d’une Europe à majorité vieillissante, sont traumatisantes. On informe à peine que le taux de létalité est de 2% et qu’il concerne surtout les cas de comorbibités préexistantes (maladies cardiovasculaires, diabète, maladies respiratoires chroniques, l’hypertension artérielle, le cancer etc.). On espère que le choc émotionnel  de la sinistrose  outre-méditerranée poussera rapidement Alpha Condé à avaliser le budget du plan de riposte du COVID 19 que l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire a fixé  à plus de 300 milliards de francs guinéens.

Et on met sous silence que le COVID 19 est d’abord une grippe. Une grippe sévère, certes, mais une grippe, avec tous ses symptômes et ses complications. Et on se gène de rappeler que la grippe saisonnière a tué 10 000 personnes en France en 2019 et qu’elle a tué…0 personne en Guinée à la même période, selon les chiffres officiels de l’Institut National de Santé Publique de Guinée.

Autrement dit, les 89% des malades du COVID 19 qui sont soit asymptomatiques, soit des cas bénins, n’ont rien à faire sur un lit d’hôpital. Et ce pourcentage  augmentera, sans aucun doute en Guinée, vu que le virus grippal sera dans des conditions de températures plus chaudes et dans des corps plus juvéniles qu’en Occident.

Ceci dit, le COVID 19 n’est certainement pas une banale « grippette » , mais pour autant  Dr Sakebola, euh pardon, Sakoba ne doit pas  tout « foncondre »