Covid-19 et Sports : quelles conséquences économiques pour les clubs guinéens ?

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Aussi redoutables que la maladie elle-même, les effets potentiels du COVID-19 sur l’économie mondiale pourraient concerner un grand nombre de secteurs dont celui du sport. Dans les grands championnats européens de football, on parle déjà de la réduction de salaire des joueurs pour aider les clubs à surmonter les conséquences économiques et financières de la crise sanitaire mondiale. Au même moment, certains grands clubs volent au secours des moins fortunés.

Quid de la situation en Guinée ?

« Cela n’est pas à l’ordre du jour, même s’il est clair que les conséquences économiques de la crise n’épargneront personne », indique Kroutimi Mady Kaba, Secrétaire général du Horoya AC, l’un des clubs de football les mieux structurés en Guinée. Même son de cloche du côté de Hafia FC de l’homme d’affaires Kerfala Person Camara (KPC).

« La question ne se pose pas. D’autant plus que les revenus des clubs en Guinée proviennent plus d’ailleurs que des activités sportives », explique Marco Ibrahim Bah, membre du bureau exécutif et responsable de la communication du Hafia. En effet, les deux clubs qui payent mieux les membres de leurs équipes en Guinée appartiennent à des hommes d’affaires très riches. Le Hafia pour KPC et le Horoya pour Antonio Souaré. La survie de ces deux clubs dépendra surtout de celle de Guicopres et de Guinée Games.

« Cela est aussi valable pour les autres clubs de football que des autres disciplines. Quel est ce club sportif en Guinée dont les revenus proviennent totalement des activités sportives et du sponsoring. Il n’y en a pas. Tout dépendra donc de la capacité des entreprises, des mécènes à résister à la pandémie. Si ces entreprises s’en sortent, les clubs s’en sortiront. Sinon, ce serait difficile pour le sport guinéen qui ne pourra pas non plus compter sur un soutien de l’Etat », estime l’économiste Aboubacar Camara.

En tout cas, les responsables sportifs espèrent que la crise ne va pas perdurer en Guinée. « Bien que nous n’avons que des contrats semi-professionnels dans notre championnat, les clubs pourraient prendre un sérieux coup si la pandémie perdure. Jusque-là, c’est encore supportable. Espérons donc que la crise finisse vite », souhaite le président de la Fédération Guinéenne de basket-ball, Sakoba Kéita. Le président craint surtout que la crise ne touche durement les activités économiques des « bonnes volontés » qui soutiennent le basket-ball guinéen.

A la fédération guinéenne de hand-ball, l’autre fédération dynamique en Guinée, on émet également l’espoir de voir la crise se limiter vite dans le temps.