Covid-19, Etat d’urgence sanitaire, présidentielle de 2020 : les confidences d’Alpha Condé

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Dans une interview exclusive accordée à Sabari Fm, ce 10 juin 2020, le président Alpha Condé s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité nationale. Le Covid-19, la présidentielle de 2020 et les rumeurs sur son état de santé ont été les principaux sujets abordés dans cet entretien qui a duré plus d’une vingtaine de minutes.

Tout d’abord, le chef de l’Etat s’est dit attristé par la disparition du diplomate américain, du président burundais et du frère de son directeur de cabinet. Il a profité de l’occasion pour présenter ses condoléances aux familles éplorées. Pour le cas spécifique de l’ambassadeur Simon Hanshaw, il dira que la Guinée a perdu « un grand défenseur aux Etats-Unis d’Amérique »

Actualité obligeant, la lutte contre le Coronavirus a occupé une bonne partie de l’interview. Le président Alpha Condé a, d’entrée, appelé à une prise de conscience générale du « danger de cette maladie » même si ce n’est pas, selon lui, le cas de beaucoup de nos compatriotes qui, « pour des raisons obscures tentent d’amener l’indiscipline. »

Il a ensuite rendu un hommage à tout le personnel soignant pour son implication effective dans la lutte contre le Coronavirus. Conscient des efforts que chaque Guinéen doit fournir, Alpha Condé insiste sur le respect des gestes barrières, la discipline avant de demander à toute personne désirant de se rendre à l’intérieur du pays de se faire tester. « Nous demandons aux chauffeurs des gros camions d’être patients », conseillera-t-il au passage.

Par rapport aux mesures prises pour vaincre la pandémie, le chef de l’Etat se réjouit de l’amélioration des conditions de travail du personnel médical. Car, bientôt, a-t-il annoncé, la Guinée aura la possibilité de faire 1000 tests par jour. Et d’ajoutant : « s’il y a la discipline et le respect, je suis convaincu de la politique de vaincre la covid-19 en ce sens. »

Pour cela, il est conscient qu’il « faut une grande collaboration » et de la sensibilisation de la population de la part des médias.  « Je suis satisfait du travail des médecins. Le corps médical fait de son mieux. Nous avons reçu nos frères Cubains, mais vaincre la maladie dépend du comportement de nos populations. En tout cas aujourd’hui, nos médecins ont tout ce qu’il faut pour combattre cette maladie. Mais, une collaboration franche est nécessaire entre les médecins et la population. Nous avons les moyens de vaincre la maladie. Non seulement, nous avons des appareils sophistiqués, mais nous avons aussi les médicaments et un personnel compétent », a-t-il dit.

 Saluant les efforts de la société civile notamment le CNOSC pour sa mobilisation, Alpha Condé a indiqué que « la nouvelle politique sanitaire consiste à un dépistage systématique. Si nous n’avons pas beaucoup de cas, c’est parce que les médecins n’attendent pas. Maintenant nous allons passer de concession en concession pour le dépistage en demandant aux sages s’il n’y a pas de malades cachés et surtout rassurer la population. Parce que cette pandémie, si elle ne fait pas beaucoup de morts, elle a des conséquences graves sur notre économie. Plutôt nous vaincrons cette maladie, plutôt notre économie va se relever. »

Sur la levée de l’Etat d’urgence sanitaire, Alpha Condé dit attendre l’évolution des cas, et les recommandations de l’ANSS et du Comité scientifique.  « Dans les autres pays, il y a une union sacrée. Chez nous la politique politicienne emporte les gens. Je lance un appel à toutes les forces politiques, sociales et syndicales à se donner la main pour qu’on puisse vaincre cette maladie », explique-t-il.

Sur les rumeurs concernant son état de santé, Alpha Condé a démenti ses détracteurs : « (…) Je voudrais faire une marche à pieds avec ces gens qui parlent de moi, de Kaloum à Matoto. Certains ne vont même pas arrivés au Yenguema. La population peut être rassurée non seulement moi je suis en bonne santé, je continue à faire mon sport mais en cette période de pandémie, les médecins me recommandent de ne pas recevoir parce que je suis quand même le président de la République, le garant de l’unité nationale. (…) Vous savez, il y a des hommes politiques qui inventent des mensonges… Je ne fais pas attention à ces rumeurs. Je rassure le peuple guinéen que je me porte comme un charme et je suis certain que j’enterrai beaucoup de gens qui souhaitent ma mort. »

Pour sa possible candidature à la présidentielle de 2020, le chef de l’Etat ne fait pas de cela « une préoccupation du moment ». Mais, dit-il, « Chaque parti décidera de son candidat. Moi, je suivrai la décision de mon parti. (…) Moi je ne rentre pas dans le jeu politique, il revient au peuple de Guinée de décider de son destin. Personne ne l’empêchera. »