Covid-19 : la ministre Hawa Béavogui lance le projet ’’TAKEDA’’ sur la continuité des services de santé 

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La ministre des Droits et de l’Autonomisation des Femmes, Hawa Béavogui a procédé ce mercredi 16 septembre au lancement officiel du projet ’’TAKEDA’’ sur la continuité des services de santé de la reproduction en période de  Covid-19 dans les structures sanitaires de Conakry. La cérémonie s’est déroulée au Centre Médical Communautaire (CMC) de Ratoma.

Dans son discours de bienvenue, la Directrice du CMC de Ratoma, Dr Aminata Kaba, a rappelé que la qualité des soins mères-enfants reste encore un véritable défi pour les pays à faible revenu. Elle a fait savoir que dans le rapport d’évaluation de la qualité des services de santé maternelle et néonatale portant sur la Guinée et le Togo publié en 2018, la mortalité maternelle et néonatale demeure un fléau préoccupant dans la région Afrique subsaharienne et affiche des taux élevés estimés en 2015, à plus de 546 pour 100 000 naissances vivantes.

«Nous tenons à rassurer que toutes les dispositions sont prises par le personnel concerné et celui de notre établissement pour prendre soin des équipements et les kits (césarienne) mis à notre disposition», a-t-elle promis.

Prenant la parole, la représentante pays du Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA) en Guinée, Dr Barbara Sow a fait comprendre que le projet ‘’TAKEDA’’ vient en appui à la continuité des services de la santé de la reproduction dans le contexte Covid-19 à Conakry financé par la firme pharmaceutique japonaise TAKEDA.

D’après elle, ce projet est l’une des nombreuses réponses que le gouvernement et ses partenaires apportent dans le domaine de la santé en cette période de crise liée à la Covid-19 (…).

 «En se basant sur les leçons apprises lors de la maladie épidémiologique à virus Ebola dans les structures de santé qui étaient considérées comme des lieux de transmission du virus et en se basant également sur les caractéristiques de contamination de ce nouveau virus Covid-19, le ministère de la Santé a voulu agir vite et efficacement pour protéger les services essentiels de base surtout pour les femmes et celles en état de famille (…)», a-t-elle témoigné.

Et de poursuivre : « au moment où ce plan de continuité des services de santé était en train d’être finalisé, l’UNFPA a reçu un financement qui vise le même objectif dans trois pays de l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit de la Guinée, du Togo et du Benin. C’est une démarche collective axée sur les expériences et les défis de chaque pays pour soutenir les plans nationaux de continuité des services de santé pour une valeur de 1, 5 millions de dollars par pays et pendant 8 mois».

Parlant de la Guinée, Dr. Barbara Sow a indiqué que de nombreux centres de santé affichent une baisse de la fréquentation des femmes et des filles pour les soins essentiels de santé de reproduction (…).

«Selon les statistiques du Service National d’Information Sanitaire pour la ville de Conakry, on a constaté que le nombre de femmes ayant effectué leur premier Consultation Pré-Natale (CPN) entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2020 a baissé de 7%. Le nombre de femmes qui a accouché avec un personnel qualifié dans un contexte sécurisé a baissé de 11%. Le nombre de femmes bénéficiant de la césarienne entre le premier semestre 2019 et premier semestre 2020 a baissé de 17%», a-t-elle cité.

Avant de déplorer le fait que ces states aient montré à suffisance que l’accès aux services de santé soit bien affecté par la pandémie Covid-19 et la  baisse considérable de la fréquentation des hôpitaux par les femmes. «C’est pourquoi nous devons tous agir pour remédier cette situation», a-t-elle lancé.

Dans la même logique, elle a déclaré que les femmes et filles sont durement affectées et subissent de plein fouet de plusieurs formes de violences en cette période de la pandémie Covid-19.

«Deux études conduites en Guinée en 2020 ont indiqué que les Violences Basées sur le Genre (VBG) sont exacerbées avec la Covid-19. La VBG est une urgence à laquelle les politiques doivent s’attaquer. L’étude nationale d’impact socioéconomique de Covid-19 en avril 2020 a révélé que 20% des ménages guinéens ont signalé une augmentation de la violence (…)», a-t-elle dit.

Dans son intervention, l’Ambassadeur du Japon en République Guinée, Matsubara Hideo a affirmé que ce projet est un appui au plan de continuation des services de santé reproductive du ministère de la Santé en lien avec la Direction de la Santé de la Ville de Conakry, avec la mise en œuvre de l’UNFPA.

«Il doit permettre de garantir la continuité des soins dans la région de Conakry, en se déployant dans 15 centres de santé des 5 communes de la capitale. Il permettra de protéger le personnel de la santé avec des équipements de protection individuelle, de renforcer les conditions d’hygiène des centres et de rapprocher les services de santé  des bénéficiaires avec une stratégie mobile et du matériel médical», a-t-il expliqué.

A en croire le diplomate japonais, par ce projet, il est assuré que les femmes enceintes et prêtes à accoucher ne soient pas laissées de côté par l’urgence créée par l’épidémie mondiale de Covid-19.

«Les agents de sécurité et les bénéficiaires seront protégés et les services toujours disponibles pour plus de 52 000 femmes qui devraient bénéficier de ce projet dans les mois à venir», a-t-il rassuré.

Dans son discours de lancement, la ministre des Droits et de l’Autonomisation des Femmes, Hawa Béavogui a souligné que ce projet intervient dans un contexte particulier marqué par la survenance de la Covid-19 qui, a-t-elle rappelé, a foncièrement éprouvé le monde entier et surtout la Guinée.

Plus loin, elle a mentionné que cette pandémie Covid-19 impacte négativement l’utilisation des services de routine dans les différentes structures sanitaires. «L’objectif du projet consiste à assurer continuité des services de santé de reproduction tout en renforçant  l’offre des services de santé néonatal», a-t-elle insisté.