Covid-19 : le secteur minier en sursis…

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Il n’est un secret pour personne que la Covid-19 n’épargne aucun secteur socio-économique à travers le monde. En Guinée, le secteur minier pourrait être touché mais avec moins de risques, selon un document du ministère des Mines et de la Géologie parvenu à Guineenews©  ce 26 mai 2020.

A l’apparition de l’épidémie, officialisée le 12 mars 2020 en Guinée, l’ensemble des acteurs du secteur des mines se sont concertés pour éventuellement évaluer les impacts de cet ennemi invisible sur la production dudit secteur. Ceci conformément aux directives du Premier ministre, Kassory Fofana et des orientations du Président de la République, Alpha Condé.

C’est ainsi que des actions ont été envisagées pour mitiger les impacts de la pandémie dans les prévisions de 2020. Il s’agit entre autres de la consultation formelle des sociétés minières, de l’identification des risques et des mesures de mitigation, de la réorganisation du travail et de la prise de mesures strictes de sécurité sanitaire et de la réévaluation des prévisions de production de bauxite et d’or industriel au titre de l’année 2020, à la mi-avril 2020.

Le but est de minimiser les impacts (emplois et revenus) dans les sociétés minières afin de maintenir des obligations en termes de contenu local et dans le strict respect des mesures sanitaires adoptées dans le cadre de la riposte nationale contre cette pandémie.

La Guinée exposée aux risques mais l’espoir est permis

La Guinée, le Botswana et d’autres pays à forte richesse minière et minérale ont été cités par la Banque mondiale comme des pays à moindres risques. Le cours et la demande au niveau international n’ont pas été impactés par la Covid-19. Du moins pour le moment.  Mais, prévient le ministère guinéen des Mines et de la Géologie, « le ralentissement des activités dans la quasi-totalité des secteurs de l’économie mondiale, avec un impact sur les débouchés pour les produits finis, pourrait entrainer une réduction des commandes par des consommateurs de la production minière guinéenne, en particulier au niveau de la bauxite (l’or, valeur refuge, résistant mieux à la crise). Cela pourrait avoir un impact sur les sociétés en phase de production et celles en phase de développement. Par conséquent, le Ministère a pris des mesures pour l’accélération du traitement des demandes des sociétés minières pour éviter toute perte d’opportunité commerciale. »

L’autre risque, à en croire le ministère, c’est la réduction de l’accès au financement des projets miniers.  Mais, le Département espère que : « à l’échelle du pays, il est crucial que les nouveaux projets démarrent pour compenser, ne serait-ce que partiellement les réductions de dépenses des projets ou opérations en cours. »

A tout cela, il faut ajouter les risques logistiques, sanitaires, et d’inefficacité administrative.  Malgré tout, le ministère annonce une contribution des sociétés minières à hauteur cinq (5) millions de dollars US, essentiellement en nature, pour la riposte nationale contre la pandémie.

En conclusion, note-t-on, « même si, à date, l’impact de l’épidémie semble être limité sur le secteur, il est important d’observer de la prudence parce que l’ampleur de l’impact sur les activités minières [dans le pays] dépendra essentiellement de celui de l’épidémie ainsi que de sa durée dans les pays partenaires commerciaux et financiers du secteur minier guinéen. »