Covid19-Labé : des citoyens exigent la fermeture des maquis à l’image des lieux de culte

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Conformément aux mesures édictées dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire décrété par le chef de l’État, les lieux de cultes dans leur ensemble sont fermés en  Guinée depuis trois semaines maintenant. En plus de cette situation vécue péniblement par une population fortement pieuse, des citoyens de la commune urbaine de Labé s’indignent de l’ouverture des maquis et autres débits de boisson, en cette même période de crise sanitaire, alors que mosquées et églises restent fermées.

Ainsi, ils exigent la fermeture de ces lieux de « débauche » qui attirent également un monde fou, en cette période de crise sanitaire.

« Imaginez, ça fait plus de deux semaines que les mosquées sont fermées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Maintenant comment se fait-il que les maquis et bars qui réunissent également plusieurs personnes à la fois ; surtout des ivrognes ; fonctionnent comme si de rien n’était. Il faut que l’État corrige cette situation pour éviter du deux poids deux mesures», soutient Thierno Oury Barry.

Après plusieurs plaintes sans suite, des citoyens du quartier Konkola de la commune urbaine de Labé accompagnés de leur chef de quartier sont sortis hier jeudi 16 avril pour obliger tout détenteur de débit de boisson en service dans leur quartier à fermer.

« Ils disent qu’ils ne ferment pas ; c’est pour cela qu’on est sorti avec les populations de Konkola pour montrer qu’on est pas d’accord avec les détenteurs de maquis. Ainsi, ils nous ont montré qu’ils ont fermé. Hier aussi, la sécurité avait arrêté une gérante de maquis ; mais quelques minutes après elle est revenue ouvrir en disant haut et fort qu’ils ne ferment pas. Mais ce jeudi on est venu les dire que ça ne peut aller ainsi», déclare Thierno Abdoulaye Dramé, le chef quartier de Konkola.

Il n’en fallait pas plus, pour faire plier les concernées : « il n’y a plus de doute, c’est fermé. Si le maquis rouvre, ça sera de ma faute car je suis le propriétaire du lieu. Donc, quand on demande de fermer, je vais fermer car c’est pour moi. Konkola c’est chez moi, les populations d’ici sont tout pour moi», reconnait Youssouf Traoré, propriétaire d’un débit de boisson qui n’a pas manqué de demander pardon à la population du quartier.

Convié par les citoyens, Mamadou Aliou Laly Diallo le maire de la commune urbaine de Labé est sur le pied de guerre : « suite au passage des jeunes de Konkola, j’ai été voir le préfet et le gouverneur. Ainsi, le maquis réfractaire a été fermé et le directeur de la sureté a les clés. En plus, il y a un autre à côté de l’EDG ; il s’agit d’un maquis détenu par un commandant ; il a aussi été fermé. Pratiquement c’est les maquis détenus par des hommes en tenue qui refusent de fermer et on est là-dessus car tous vont fermer », rassure le maire.

A leur tour, les détenteurs de maquis à Labé demandent aux autorités locales d’appliquer cette mesure au niveau de tous les lieux de regroupement comme les cafés et autres.

« Là où ils ont fermés les mosquées et ont demandé la fermeture des maquis, il faut tout fermer car la loi doit s’appliquer à tout le monde. Maintenant si les cafés qui sont au bord de la route ne ferment pas ; pourquoi nous autre allons fermer », s’interroge Mohamed Condé.

Il faut reconnaître que beaucoup de café et lieux de rencontre continuent à faire le plein dans la commune urbaine de Labé.