Crise à la Cour Constitutionnelle : Kéléfa Sall brise le silence

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«La calomnie a pris des proportions inquiétantes et risquent de détourner l’opinion publique nationale  et internationale de la vraie problématique que pose cette  crise »

Le président déchu de la Cour constitutionnelle est sorti de son silence ce mercredi 3 octobre 2018 pour se prononcer sur la crise qui secoue son institution depuis début septembre. L’air très serein,  Kéléfa SALL dit vouloir informer le peuple de Guinée qui « a le droit de savoir la vérité » sur « la Cour constitutionnelle, l’organe chargé de veiller  au respect des dispositions de notre constitution ».

« En perturbant la mission de cette Cour, les conséquences de cet agissement seront très graves pour notre nation dans la mesure où sa crédibilité sera remise en question  sur le plan sous régional, régional et international », prévient-il. Le magistrat a ensuite remercié « tous ceux qui ont eu un avis pour dénoncer les irrégularités  dans cette crise. Mes remerciements vont également aux juristes et éminents  professeurs de droit et de droit constitutionnel, à la société civile et aux acteurs politiques » estimant que sa sortie médiatique est liée à l’intérêt que la presse a eu dans cette crise. « Tant que les médias ne s’étaient pas mêlés, j’estimais qu’il n’était pas nécessaire de répondre aux accusations dénuées de toute base objective de tant qu’il existe des structures auxquelles  les lois ont conféré le droit d’enquêter et de poursuivre », souligne-t-il.

Selon le président déchu de la Cour constitutionnelle, la « calomnie a pris des proportions inquiétantes et risquent de détourner l’opinion publique nationale  et internationale de la vraie problématique que pose cette  crise ». or, se demande-t-il, « les membres de la Cour constitutionnelle peuvent-ils  se saisir et déclarer  le président de cette cour  en état d’empêchement et pourvoir à son remplacement ? ».

Si beaucoup estiment que la sortie de M. Diallo, c’est pour répondre à ses détracteurs, ce n’est pas son cas. « Je n’ai pas convoqué cette conférence de presse contre un individu ni contre un groupe d’individus mais plutôt pour éclairer l’opinion sur cette crise. En tant que magistrat, je ne parlerai que des faits et de droit.  Je n’ai rien à inventer et toute ma défense sera basée sur les dispositions de la Constitution et la loi organique », se défend-il.

Revenant sur la crise qui mine son institution, Kéléfa Sall a rappelé qu’elle ne date pas d’aujourd’hui. « Depuis janvier 2016, la Cour constitutionnelle de Guinée traverse une crise dans son fonctionnement pourtant défini par les dispositions des articles 93 à 106 de la Constutition, la loi organiquén°006/CNT du 10 mars 2011 », soutient-il.

Contrairement à ce qui apparaît, la crise à la Cour constitutionnelle est une résultante de la mise en place « d’une commission financière dotée des plus larges pouvoirs dans la gestion du patrimoine  de la Cour ». C’était à l’occasion d’une retraite à Coyah en décembre 2015.

C’est ce qui va amener les conseillers de la Cour, dira-t-il à récuser leur président à qui ils accusent plusieurs maux dont une gestion opaque, aller à l’encontre  des décisions administratives et financières unanimes des membres et la déclaration à l’occasion de la prestation de serment du président Alpha Condé en 2015.

Aujourd’hui, le président contesté se demande si « le comportement des membres de la Cour n’est pas une indignité et à défaut un parjure les rendant inaptes à exercer leurs fonctions».

Interrogé sur son avenir, le désormais ex président de la Cour a préféré ne rien dire parce qu’il « ne se reproche de rien et n’a pas à renoncer à mes responsabilités ». Il reste désormais à savoir qui de Kélèfa Sall et de Mohamed Lamine Bangoura restera président de la Cour constitutionnelle.