Crise à la RTG Boulbinet: Rachid N’Diaye propose un comité de gestion aux frondeurs

avril 18, 2018 3:54
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Après avoir battu le pavé lundi dernier, les travailleurs de la Radio Télévision Guinéenne (RTG) de Boulbinet ont été reçus ce mercredi 18 avril par le ministre de la Communication, Rachid N’Diaye, a-t-on constaté sur place.

Après avoir écouté les griefs des travailleurs de la RTG Boulbinet, le ministre Rachid N’Diaye a proposé la mise sur pied d’un comité qui va se pencher sur la situation afin de produire une feuille de route ou un plan d’urgence à la situation.

Devant le patron du département de la Communication, le représentant du bureau syndical de la RTG,  Sâa Martin Fansadounou  a dénoncé le dysfonctionnement et la vétusté de la RTG Boulbinet.

«Nous voulons que nos conditions de travail soient améliorées. La collaboration n’est pas franche entre les Direction Générale de la RTG Boulbinet et ses travailleurs. Il y a un clanisme nourri, alimenté et soutenu par le cabinet. Rien ne va aujourd’hui entre le Directeur Général Ben Daouda Sylla et son cheffe de cabinet, Hadja Mariama Dubréka Camara. Voilà même l’origine de la naissance des clans. Aujourd’hui, la RTG Boublinet est morte. Monsieur le ministre nous vous invitons à écouter les syndicalistes surtout quand ils sont porteurs de messages. L’édifice RTG Boulbinet est dans un état de dégradation très poussée, ses installations sont complètement vétustes, un parc automobile très défectueux. Ce qui rend même impossible la mobilité des journalistes. Notre télé et notre radio n’arrivent même pas à couvrir toute la capitale. Pire, nos reporters sont stigmatisés dans les lieux de reportage», a-t-il expliqué.

Dans la même logique, Mamoudou Sanassa Camara,  rédacteur en chef de la Télévision  Boublinet enfonce le clou. «Depuis décembre 2014, il n’y a pas eu de réunion au niveau de la Direction générale. Ce qui a, d’ailleurs, plongé les travailleurs dans les rumeurs. Ce qui se dit dans la réunion du cabinet du département, ce sont dans les couloirs que  les travailleurs l’apprennent. Les responsables de la RTG Boublinet sont parvenus à créer des services parallèles qui utilisent les matériels de la maison. Il n’y a plus de chef de service, tout le monde est parti, la télévision ne se trouve dans aucun bouquin de la place. Conséquence, elle n’est suivie nulle part», a-t-il renchéri.

Dans son discours de réponse, Rachid N’Diaye a souhaité mettre en place une commission qui va prendre toutes les préoccupations des travailleurs en compte avant de produire un document qui va servir une feuille de route.  

«J’ai écouté attentivement vos difficultés, je n’ai aucune raison de ne pas vous croire. Sur le plan humain, vous devez fournir d’efforts pour avoir l’esprit de famille malgré vos divergences. Ce qui est important, c’est avoir l’idée que vous travaillez pour une même cause. C’est-à-dire une administration qui a une mission à assumer en dehors des questions de personne ou de clan. On n’obtient rien dans la violence ou dans la coercition (…). Le seul syndicat qui a souhaité me rencontrer, c’est la COSATREG et je les ai reçus.  Aucun autre ne m’a demandé à me rencontrer. Vous êtes dans une administration publique, vous n’êtes pas dans une télévision et radio qui ne sont pas privées. Alors, vos ressources découlent de l’Etat. La RTG Boubinet tout comme la RTG Koloma n’est pas encore éligible à la subvention compte tenu de son statut. Nous sommes en train d’œuvrer pour que l’évolution institutionnelle des médias publics qui puisse vous permettre d’avoir une subvention conséquente par an et qui vous permettra de régler vos dysfonctionnements internes (…). Je souhaite qu’on mette en place un comité de gestion qui va regrouper la Direction générale,  certains membres du cabinet et le syndicat pour nous proposer une feuille de route ou un plan d’urgence», a-t-il déclaré.