Crise politique en Guinée : le barreau propose sa médiation

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Dans une déclaration rendue publique ce mardi 17 mars, le barreau de Guinée propose sa médiation en vue d’un règlement de la crise politique qui pourrait même s’aggraver durant cette semaine.

La proposition du barreau part de son constat d’une évolution « inquiétante » et « préoccupante » de la situation politique et sociale actuelle.

Sur le plan social, il s’alarme sur « les atteintes graves » aux droits humains et aux libertés fondamentales. Les avocats parlent notamment « d’une vague d’arrestation massive, des interpellations en forme de kidnapping, des enlèvements de personnes, des destructions d’édifices, les atteintes à la liberté d’expression, l’utilisation d’armes à feu durant les manifestations publiques, les violations des règles liées à la garde à vue… »

Le barreau a surtout exprimé sa préoccupation par rapport à la rumeur persistante sur l’existence d’un « Goulag » dit « de Soronkoni ». Il exige l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes, contradictoires et transparentes en vue d’éclairer l’opinion publique quant aux cas avérés et (ou) insinués de tortures de violences, d’enlèvements et de destructions des biens perpétrés sur des personnes, et (ou) des édifices publics ou des installations privées.

Sur le plan, le barreau croit que la crise est envenimée par les agissements et les propos « irresponsables » de certains acteurs politiques. En attendant l’acceptation de son offre de médiation, le barreau en appelle à la conscience nationale et patriotique des acteurs politiques guinéens dans le débat en cours sur le changement de la Constitution et son corollaire ; le changement du mandat présidentiel venu à échéance. « Il appelle le Chef de l’Etat en personne, les acteurs politiques et ceux des sociétés civiles, religieuses et communautaires à un dialogue nécessaire et profond », lit-on dans la déclaration.