Crise politique et gestion du Covid-19 : Sidya Touré fulmine contre le régime d’Alpha Condé

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 «Nous sommes un pays qui a perdu pied »

L’apparition de la pandémie Covid-19 a mis de l’eau dans le vin de l’opposition guinéenne et du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc) qui ont unanimement décidé le 25 mars dernier de suspendre leurs manifestations « jusqu’à nouvel ordre ».  Cette pause vise à permettre aux populations de se consacrer à la lutte contre la Covid-19, selon le président de l’UFR.

Mais, au lieu qu’elle ne soit une opportunité pour renouer le dialogue avec l’opposition, le pouvoir continue d’interpeller des leaders du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc), accuse Sidya Touré. Ce qui n’est pas du goût de cette dernière qui dénonce « ces agissements » et menace de reprendre la rue en dépit de la pandémie.

Sur ses comptes Facebook et Twitter, Sidya Touré précise : « nous (opposition) sommes mobilisés » pour faire « en sorte que la population puisse éviter cette pandémie (Covid-19) ».

Avant de lancer une invite à la population : « nous vous disons donc continuez de maintenir les distanciations sociales, continuez de porter vos masques, continuez de tousser sur vos coudes, faites-en sorte que la maladie ne gagne pas l’ensemble de notre pays. Nous sommes là avec vous.  Nous disons seulement, nous mettons une pause sur les manifestations. Nous revendications restent les mêmes. »

Pour ce qui est des résultats des élections législatives, le président de l’Ufr explique : « nous ne reconnaissons pas les résultats issus de cette mascarade du 22 mars. Non seulement nous ne les reconnaissons pas mais aussi nous ne reconnaissons pas les institutions qui en émanent ».

Pour lui, la solution idoine est de « renoncer au référendum [du 22 mars 2020], faire en sorte que le fichier électoral soit assaini et faire en sorte que les Guinéens reprennent les élections dans les conditions normales d’un pays en évolution vers la démocratie. »

« Nous sommes un pays qui a perdu pied. Quand vous voyez les aides qui ont été données par les pays autour de nous et le peu que nous avons reçu, vous comprendrez exactement qu’est-ce que la communauté internationale pense de nous aujourd’hui. Trop de choses se passent aujourd’hui, qui devraient être dénoncées. Des jeunes gens sont arrêtés. Nous avons pratiquement 287 prisonniers membres du Fndc dans les différentes prisons du pays », déplore l’opposant.

Et de conclure : « malheureusement, le pouvoir n’entend rien, ne voit rien, il n’a qu’une seule envie, c’est le 3e mandat d’Alpha Condé. »