Crise politique: la CECI de Dixinn au bord de l’implosion

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La présidence tournante entre mouvance présidentielle et opposition qui a permis à la CECI (commission électorale communale indépendante) de Dixinn de fonctionner en dépit de l’absence de la société civile est en train de montrer ses limites. La passation de service entre le président en fin de mandat (mouvance) et son successeur (opposition) prévue ce vendredi a été reportée.

Si l’absence de l’assistant technique qui doit dresser le procès verbal reste la raison invoquée, il n’est pas exclu que le vrai motif soit ailleurs. En tout cas, l’atmosphère n’était pas bon enfant ce vendredi à la commission électorale communale de Dixinn. La réunion a eu lieu dans une situation tendue. De dehors, on entendait les participants qui haussaient le ton. Certains sortaient souvent pour téléphoner. La séance a même été momentanément interrompue parce qu’un commissaire aurait utilisé un terme déplacé à l’endroit de son collègue…

Et au bout du bout, la passation n’a pas eu lieu. En dépit des multiples coups de file effectués, sans oublier l’idée de se passer de l’assistant technique suggérée par le camp entrant.

Intraitable sur ce qu’il considère comme un principe immuable, au sortir de la réunion, Sylla Aboubacar de la mouvance présidentielle explique: «…chaque fois qu’il y a passation, l’assistant technique qui est avec nous ici dresse le PV (procès verbal), le président entrant signe, le président sortant signe. Mais aujourd’hui, l’assistant technique ne s’est pas présenté à la passation. Je suis sorti de la salle pour l’appeler mais il dit qu’on peut faire la passation et qu’il dressera le PV demain quand il sera là. »

A écouter monsieur Sylla, il s’agirait d’un refus. «Pourquoi il s’oppose à faire cette autre passation? s’interroge-t-il. Alors que «toutes les passations ont eu lieu sous sa supervision » confie-t-il, avant de trancher en ces termes: « Il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures.» Et d’ajouter: « à partir du moment où il a supervisé les différentes passations effectuées ici».

A son tour, Abdoulaye Fanta Diallo de l’opposition confie que le président actuel aurait reçu des instructions de sursoir à toute passation mais que ce dernier demande un acte écrit à cet effet. A défaut, toujours selon M. Diallo, le président sortant  aurait promis de procéder à la passation demain.

Une version que nous avons essayée de recouper avec la personne concernée. Mais Mohamed Soumah, c’est son nom, demande un ordre de mission pour répondre à nos questions. «Je m’excuse beaucoup. C’est une instruction ferme que j’ai reçue de la part de la CENI centrale», argumente-t-il.

A noter que la CECI de Dixinn au bord de l’implosion n’est pas la seule qui fonctionne avec une présidence tournante à cause des querelles partisanes de la société civile finalement mise à l’écart. Celle de Ratoma qui n’était pas en activité aujourd’hui est présidée aussi par les mouvances politiques qui assure la présidence un mois chacune.

Et toutes les deux risquent de ne pas être épargnées par la crise politique qui mine la commission électorale nationale indépendante ( CENI).