Crise post-électorale en Guinée Bissau: Le bras de fer se durcit

0
691

Deux mois après le scrutin du second tour de l’élection présidentielle en Guinée Bissau, la situation s’est cristallisée ces dernières 48 heures suite à l’investiture de Umaro Sissoco Embalo, le candidat du MADEM G15, déclaré vainqueur du scrutin par la commission nationale électorale (CNE).

Pendant que la CNE examinait le quatrième recours introduit à la cour suprême par le candidat perdant Domingos Simöea Pereira du PAIGC qui conteste les résultats du scrutin, le président élu a décidé finalement d’organiser son investiture le 27 février dernier, ce, après avoir été déclaré à 3 reprises vainqueur du scrutin.

L’investiture s’était déroulée à l’absence du président de l’Assemblée nationale qui est du PAIGC. C’est le vice-président de l’institution Nuno Gomes Nabiam, du APU-PDGB, qui a représenté le pouvoir législatif. Après l’investiture, le président élu et son prédécesseur José Mario Vaz se sont rendus au palais présidentiel pour procéder à la passation de pouvoir.

Le camp adverse a aussitôt crié à « une tentative de coup d’État « .

Puis, le lendemain, Sissoco va nommer au poste de Premier ministre Nuno Nabiam son allié au second tour de la présidentielle avec 13%.

Dans la journée du vendredi 28 février, constatant la vacance du pouvoir, les 52 députés de l’Alliance parlementaire dirigée par le PAIGC vont investir Cipriano Cassama le  président de l’Assemblée nationale pour assurer la présidence de la république intérimaire, en attendant l’épuration des recours par la CNE.

Après cette modeste cérémonie, l’armée a été déployée pour contrôler les Institutions de l’État. Une manière de répondre à l’intronisation de Cipriano.

Ce samedi 29 février, Umaro Sissoco Embalo a installé Nuno Nabiam dans ses fonctions de Premier ministre au palais présidentielle, en présence des représentants des corps constitués et des forces armés. L’occasion a été mise à profit par la hiérarchie militaire dont en tête le Chef d’état-major des armées Biague Na Ntam pour réaffirmer leur disponibilité à accompagner le nouveau président Umaro Sissoco Embalo.

Alors que le contentieux électoral n’est pas encore vidé par la cour suprême, Domingos Simoea Pereira le candidat du PAIGC a introduit un nouveau recours auprès de cette même cour aux fins d’annulation du second tour.