Crise postélectorale : la Guinée part en vrille

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Ce mercredi la banlieue de la capitale s’est embrasée, avec des scènes de violence inouïes. Tout porte à croire que ce sont  les premiers résultats partiels de la Ceni, diffusés la veille, qui auraient mis le feu aux poudres, quand on sait que la tension  couvait déjà depuis le jour du scrutin.

Ces résultats donnant une nette avance du candidat du parti au pouvoir sur ses adversaires, revêtent en effet un caractère suspect aux yeux du challenger du président. Et le fait d’avoir séquestré Cellou Dalein Diallo dans sa résidence depuis mardi, le privant de sortie, a été l’élément déclencheur de ces violences.

Des violences qui, au départ, étaient  circonscrites aux seuls fiefs de l’opposition, avant de s’étendre à d’autres zones de la capitale. C’est du moins les échos qui nous parviennent de la cité, en ce mercredi noir.

Des manifestants acquis à l’opposition, qui n’écoutent plus que leur colère affrontent des forces antiémeutes à la gâchette facile, le long de l’autoroute le Prince. Même l’axe menant de Tombolia, au kilomètre 36, jusqu’à Coyah, est en proie à des tensions.

Ces scènes dantesques provoquées par la confusion semée autour de  la vérité des urnes ont fait  plusieurs pertes en vies humaines.

Face à ces violences qui n’honorent pas sa gouvernance, le président Alpha Condé dont la candidature à un troisième mandat est en réalité la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, tente de jouer les pompiers.

C’est ainsi que dans un discours laconique, Alpha Condé lance un appel au calme et à la retenue.

 Se disant ‘’ouvert au dialogue et disponible à travailler avec tous les Guinéens.’’

Des propos qui tranchent avec le discours manichéen tenu tout le long de  la campagne électorale par un président dont l’ambition de perpétuer son pouvoir semble primer sur tout.

En attendant, c’est la Guinée qui part en vrille sous le regard indifférent de la communauté internationale.