Crise sociopolitique : des femmes à l’avant-garde de la paix en Guinée

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Les femmes de Guinée consciente de la situation délétère du pays, ont tenu à s’exprimer pour faire entendre leur voix dans le souci de la préservation de la paix et de la cohésion nationale en cette veille du double scrutin du 1er mars 2020, compilant les législatives et le référendum.

C’est à travers un point de presse organisé ce mardi 25 février 2020 à la Maison de la Presse, que des femmes issues des ONG, de l’administration publique et privée ont rendu public leur déclaration par la voix de Mme Koïvogui Dorkass. Elles invitent le peuple de Guinée à « respecter la loi pour garantir une paix durable dans notre cher pays, la Guinée au vu de la situation dans laquelle il se trouve plongé par la crise socio-politique qui risque de provoquer l’embrasement du pays et affaiblir toute la Sous-région ».

Elles estiment à travers cette déclaration qu’« Après plusieurs efforts de médiations par les religieux, la Communauté Internationale notamment la CEDEAO, qui se sont avérées infructueuses», elles ont l’obligation en tant que mères, épouses, sœurs et filles, de se préoccuper pour la quiétude du peuple de   Guinée. « Nous ne pouvons rester indifférentes face à cette situation plus qu’inquiétante ce, tenant compte du fait que nous sommes les premières victimes morales, sociales, culturelles, psychiques et physiques, c’est pourquoi nous venons ensemble, faire entendre nos cris de cœurs. » Expliquera en substance, Mme Kadija Bah.

Par ailleurs, la porte-parole rappellera le rôle historique que joue la femme dans le règlement des conflits. « Notre action est d’ordre historique, parce que l’histoire nous a appris, quel a été le rôle joué par nos devancières dont Sogolon Diamarou. Cela nous rappelle également les articles 12 et 16 de la Charte de Kouroukan Fougan. C’est pourquoi, forte de la place que nous offre la tradition d’artisane de paix, nous en appelons à la conscience de nos frères, de nos pères et de nos maris, pour garantir l’avenir de nos fils à travers la stabilité et la cohésion sociale.  L’avenir de la Nation en dépend ».

A ce titre, des recommandations ont été formulées aux gouvernants de préserver des acquis démocratiques, garantir la sécurité des citoyens et de leurs biens, respecter et appliquer la loi et préserver les droits humains.

Quant aux leaders politiques il leur est recommandé de tenir des discours plus responsables et non violents, d’éduquer leurs militants à la non-violence et au respect des textes de lois.

La société Civile quant à elle, devra renforcer la culture citoyenne et l’impartialité tout en jouant son rôle de veille, d’alerte et de proposition de solutions aux crises sociales et d’observer la neutralité.

Les religieux sont encouragés à ne pas baisser les bras dans la médiation pour le maintien de la quiétude sociale et la paix et à poursuivre les prêches et sermons en faveur de l’amour du prochain et la cohésion sociale.

Il a été expressément demandé aux médias et acteurs des réseaux sociaux d’observer l’objectivité et l’impartialité dans le traitement de l’information en diffusant des informations crédibles et vérifiables et surtout de s’abstenir à faire des communications violentes et incendiaires sur internet.