Cycle d’incendies en Haute-Guinée : le phénomène vu par un spécialiste

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En ce moment, les cas d’incendies sont devenus récurrents particulièrement dans la région de la Haute Guinée. Depuis le début de ce mois de février 2021, on n’en déplore pas moins de 10 cas, notamment à Kankan, Kérouané et Faranah. Le dernier cas en date a eu lieu, récemment au quartier météo. Une maison et tout son contenu ont été consumés par les flammes.

Cependant, le cas le plus grave s’est produit le 1er février 2021 dans la sous-préfecture de Tokonou, située à plus de 100 kilomètres de la ville de Kankan, plus précisément dans le district de Sasanbaya. Plus d’une centaine de cases sont parties en fumée avec leurs contenus laissant les habitants sans toits encore moins de nourritures.

Le dénominateur commun de ces incendies qui sévissent en Haute Guinée, c’est qu’ils sont, nous dit-on à chaque fois de source inconnue. Les victimes se demandent d’où proviennent les feux.

Selon El hadji Mamadou Camara, directeur régional du centre météorologique de Kankan, si la localité et ses environnants sont en proie à ce phénomène d’incendies « sans précédent », cela est du à plusieurs aspects :

« Quand la végétation ou l’environnement atteint un certain niveau de degré de sécheresse, il devient très propice pour les incendies. La sécheresse c’est-à-dire le déficit hydrométrique que nous vivons maintenant là, fait monter la température, et il suffit d’une toute petite étincelle de feu, un mégot de cigarette jeté dans la nature par exemple ou un brin d’allumette en tout cas, il y a toujours quelques-chose à travers lequel le feu se déclenche, et par le biais du vent qui souffle, la petite étincelle de feu s’attise et vient faire des ravages», soutient-il.

C’est pourquoi, plus loin dans son intervention, il a donné quelques conseils pour limiter ces cas d’incendie qui sévissent actuellement dans la région en cette période.

« Que ce soit en ville comme en rase-campagne, il faut préserver la nature. Il faut éviter que la température atteigne des hauteurs maximales. Limiter la coupe abusive des bois. Faire du reboisement une priorité locale. Ensuite, éviter de laisser traîner des étincelles de feu. Les fumeurs devraient bien s’assurer d’éteindre complètement leurs mégots de cigarette, en les laissant tomber. C’est pareil, pour les ménagères, dans les cuisines. Les morceaux de bois qu’elles brûlent pour préparer, doivent être complètement éteints avant de faire dos. Si toutes ces mesures sont mises en application, je ne dis pas que nous n’assistons plus aux incendies, mais le niveau sera très réduit », a-t-il indiqué.