Damaro sur la reprise des manifestations: «l’opposition est paniquée mais…»

octobre 11, 2018 11:22
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L’opposition républicaine a annoncé mercredi 10 octobre 2018 la reprise de ses manifestations pour protester contre la « violation » de l’accord du 8 août par la mouvance et le pouvoir. Joint au téléphone ce jeudi matin par Guineenews, le président du groupe de la majorité présidentielle au parlement balaie cette accusation d’un revers de la main. Amadou Damaro Camara estime que « l’opposition est paniquée mais, c’est [son] droit de manifester ».

De l’immixtion du RPG et du pouvoir dans l’installation des exécutifs communaux

 « Nous ne faisons pas partie de la classe politique ? », s’interroge M. Damaro Camara. « Je ne sais pas ce qu’ils appellent s’ingérer. L’installation des conseillers des communes urbaines, selon la loi, se fait sous la supervision des préfets et dans les sous-préfectures, sous la supervision des sous-préfets. Mais ni les préfets ni les sous-préfets ne votent. Je ne sais pas en quoi, ils peuvent s’ingérer.  Quand on est sûr de ses conseillers, quelle que soit l’action du préfet ou du sous-préfet, ils ne participent pas au vote. Les conseillers sont au nombre de 40 ou 41 personnes. Et compter ces bulletins, c’est facile », précise-t-il.

Pour lui, l’opposition ne peut s’en prendre qu’à elle-même. « L’opposition a cru dans certains milieux avec sa majorité relative, trop vite à la victoire en oubliant la possibilité d’alliance qui pouvait se faire. C’est ça  le problème. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes ».

Selon le président de la majorité présidentielle, « l’accord du 8 août dit que l’opposition républicaine cède la mairie à la mouvance ». Mais, déplore-t-il, « ils ont plutôt encouragé un de nos conseillers qu’ils ont débauché qui s’est présenté contre nous.  Mais tous les conseillers de l’opposition ont voté pour lui.  Je ne sais pas qui a violé l’accord dans ces conditions. C’est parce qu’on a eu d’autres alliances qu’on a pu le battre à Dubréka. Ça, c’est un fait avéré. Si eux, ils avaient voté pour notre candidat, l’autre candidat n’aurait eu que sa propre voix. Mais, il a eu plus d’une dizaine de voix, d’où sont-elles venues. C’est de l’opposition. Soyons sérieux ».

Le cas de la mairie de Kindia….

Pour le cas de Kindia, « l’accord ne dit pas entre l’UFDG et le RPG mais entre la mouvance et l’opposition », indique le député du RPG-AEC. Cependant, précise-t-il, il y a deux problèmes. Le premier étant lié aux difficiles relations entre le candidat de l’UFDG (Abdoulaye Bah, ndlr) et les notabilités et le second, c’est la candidature d’un conseiller de l’UDG de Mamadou Sylla, souligne-t-il.  Le RPG n’ayant donc pas de candidat, le président du groupe de la majorité présidentielle pense que le RPG « n’est pas obligé de voter l’UFDG ou voter UDG ». Cela revient « de la volonté, de l’estimation ou de l’appréciation des conseillers. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont des multiples candidatures. C’est ça le faux débat quand ils disent que nos conseillers doivent voter pour UFDG. L’accord, ce n’est pas le cas. L’accord, c’est avec l’opposition républicaine et la mouvance ».

Le cas de la commune rurale rurale de Guéasso

S’agissant de la commune rurale de Guéasso, M. Damaro laisse entendre que « chaque commune a ses réalités sociopolitiques, historiques particulières ». De ce fait, « on ne peut s’asseoir ici à Conakry, nous les politiciens dans nos salles climatisées pour décider de ce qui va se passer à Bignamou, à Guéasso, etc. la réalité est que c’est le terrain qui commande ».

 Pour corroborer avec tout ce qu’il vient d’affirmer, dira-t-il, « on (RPG) a cédé une commune à l’UFR quelque part. La collectivité a dit non qu’elle ne veut pas du maire de l’UFR parce que quand Sidya a été Premier ministre, il a refusé de faire un pont là-bas pour dire que leur localité  n’était pas importante ». Ce qui, à ses yeux, était imprévisible à Conakry.

L’honorable Damaro reconnaît aussi que le problème n’est pas seulement au niveau de l’opposition. « Même nous, là où on a gagné à 100%, on a des difficultés entre des éléments. Tel est de telle famille, il ne peut pas être maire, tel est de telle autre famille, il faut que cela soit lui, etc. Souvent, ce sont des réalités qui n’ont rien à voir avec la démocratie. Nos sociétés sont encore très conservatrices. Il y a d’autres réalités non constitutionnelles qui s’ingèrent  dans l’installation. Dans la mémoire de nos paysans, les maires, c’est un peu une continuité, c’est la chefferie de cantons. Cela peut ne pas correspondre aux désidératas politiques. Ce sont des réalités et non des faux-fuyants ».

Cause de la suspension de l’installation des exécutifs communaux

Le président du groupe de la majorité présidentielle estime que l’opposition est malhonnête. C’est pourquoi, l’installation des exécutifs communaux a été suspendue. « La cause de la suspension de l’installation est due à la malhonnêteté de l’opposition. J’ai été appelé par Fodé Oussou qui m’a dit qu’il est à Kindia et que la tension est telle  qu’il me demande d’user de tous mes moyens pour suspendre l’installation pour qu’on se revoie pour ne pas qu’il y ait  clash entre les différents groupes. Le RPG accusait l’UFDG d’avoir fait venir toutes leurs sections motards de Pita, de Dalaba et de Mamou. A Kindia, ils faisaient du bruit. Les autres disaient que le RPG était en train de se préparer pour ceci ou cela. Alors, nous demandons donc à voir les choses plus clairement pour voir dans quelles mesures on peut discuter  de l’accord. (…) On dit bien qu’on ne fait pas la politique avec la morale mais ce n’est pas davantage sans zèle aussi. On ne peut pas avoir un langage dans le privé et un autre dans le public », affirme le député Amadou Damaro Camara.