Débordement des marchés sur la chaussée : à quoi ont servi les murets ?

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Voilà un autre sujet que votre site Guinéenews.org a déjà abordé et qui ne semble pas sur le point de prendre fin. Bien au contraire !

Il s’agit du débordement progressif de certains marchés de Conakry qui s’étalent jusque dans la rue qui les bordent. Tous, ou presque, ont tendance à se remplir sans arrêt et à déverser leur trop-plein à même la chaussée. Cela se vérifie aisément. Les conséquences d’une telle situation, qui remonte à plusieurs années déjà, se traduisent par des embouteillages énormes qui se forment, chaque jour de la semaine, en ces endroits, occasionnant une perte de temps et obligeant certains usagers à faire des détours. Le retentissement négatif de ce phénomène sur la circulation routière a été tel que la Direction Centrale de la Sécurité Routière et l’ensemble des commissariats spéciaux de sécurité routière de la capitale ont tiré la sonnette d’alarme.

Les autorités concernées (TP, Urbanisme, Gouvernorat) ont vite perçu le message et leur réaction n’a pas tardé. Les palliatifs nécessaires pour corriger cet état de fait ont été apportés. C’est ainsi que, cela fait bientôt deux ans, depuis, des dalles, autrement appelées glissières en béton armé (GBA) ont été façonnées puis posées tout le long des rues bordant les marchés. L’objectif étant d’établir une nette délimitation par rapport à la chaussée. Ces glissières sont de dimension et de couleur parfaitement optimisés pour empêcher toute confusion sur les limites entre la rue et le marché.

On peut dire sans exagérer que cette opération a été amplement saluée par l’ensemble des usagers et citoyens de Conakry. L’avantage qui en a été tiré est  énorme. C’est le cas de le dire ! La route a été libérée de ses encombrements physiques perpétuels. Les embouteillages en ces endroits ont cessé. Les accidents aussi.

Mais, hélas ! Cela n’a pas duré, autant qu’on l’aurait souhaité. La belle formule : le marché aux marchands et la route aux usagers a disparu. C’est comme si rien n’avait jamais été entrepris ou fait auparavant. La situation revient à la case départ et empire même.

Que voit-on aujourd’hui ? Faites un tour et longez les marchés : vendeurs et vendeuses ont franchi les frontières marquées par les dalles pour s’installer à même… la rue. Eh, oui, en pleine rue ! Ramenant en même temps les effets collatéraux : embouteillages et risques d’accident.

Cela laisse pantois le plus enclin à l’optimisme. Et l’on se pose des questions. En attendant de penser à une probable construction de marchés modernes, ce qui nous projette sur le long terme, il y a lieu de se demander jusque quand on va tolérer de telles pratiques. Pourquoi permet-on que les gens s’installent sur la chaussée réservée aux usagers pour vendre, quand nous sommes tous conscients et convaincus, qu’au delà des embouteillages qu’ils provoquent ainsi, ils sont fortement exposés aux accidents?

Va-t-on les laisser faire, malgré ces inconvénients connus? Serait-ce par laxisme ou par manque de suivi-évaluation ? Qui pour prendre rapidement la décision qui s’impose? Peut-on remiser un tel investissement dans une rubrique réservée aux pertes et profits ? Veut-on corroborer ce qu’on affirme souvent chez nous après toute prise de décision des autorités compétentes ? ‘’Ah, dis-donc, calme-toi et laisse faire, c’est l’affaire de trois jours. Tu vas voir, on aura vite oublié et tu pourras faire comme d’habitude. C’est un feu de paille’’.

Pour confirmer ou non cette assertion, nous attendons de voir la réaction des décideurs face à cette situation. En attendant, c’est cette image d’anarchie et d’insécurité que nous renvoient tous ces marchands qui ont sciemment débordé les limites des dalles pour s’installer en zone strictement réservée à la circulation routière.