Déclaration de la Procureure de la CPI sur les violences en Guinée : « c’est un appel à la responsabilité de tous les acteurs concernés », dixit Sékou Kéita

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Fatou Bensouda, CPI, Procureur

Dans une déclaration faite suite à la mission de deux membres de son bureau à Conakry – du 28 au 31 octobre –, la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda prend acte de la déclaration Ministre Mamadou Lamine Fofana selon laquelle le procès devrait s’ouvrir au plus tard en juin 2020.

« Cette annonce envoie un signal encourageant. Même si des questions d’ordre pratique et logistique restent à régler, y compris la rénovation de la Cour d’appel de Conakry qui doit abriter ce procès, ces détails ne devraient pas retarder davantage son ouverture qui doit avoir lieu au plus vite », lit-on dans la déclaration de la procureure.

Elle rappelle que l’enquête est officiellement close et toutes les voies de recours ont été épuisées. « Cela fait maintenant plus de dix ans que des crimes atroces ont été perpétrés au stade de Conakry, en septembre 2009. Les victimes et les communautés touchées méritent que justice soit rendue et qu’elle le soit concrètement », a-t-elle dit. Indiquant que son bureau continuera de suivre la situation et d’appuyer les efforts des autorités guinéennes en vue de tenir ce procès. Pour Fatou Bensouda, « les obligations prévues par le Statut de Rome doivent être remplies ».

Par ailleurs, la procureure s’est prononcée sur les violences des dernières semaines. « Mon  que bureau suit de près l’évolution de la situation en Guinée », a-t-elle indiqué. Elle a appelé les acteurs de la classe politique et leurs partisans à s’abstenir de recourir à la violence et à reprendre le dialogue « afin d’éviter que le bilan des victimes ne s’alourdisse ». Fatou Bensouda va jusqu’à prévenir : « quiconque commet des crimes atroces relevant de la compétence de la CPI, ordonne ou encourage la commission de tels crimes ou y contribue d’une manière ou d’une autre est passible de poursuites devant les tribunaux de la Guinée ou la CPI ».

Par ailleurs interrogé par Guinéenews, le Conseiller en communication du ministre de la Justice et porte-parole du ministère de la Justice a déclaré que cette dernière partie de la déclaration de Fatou Bensouda constitue un appel à la responsabilité de la part des acteurs politiques guinéens (opposition, gouvernement, société civile etc.) « C’est le même appel que nous avons-nous même lancé il y a quelques semaines. Si les lois règlementant les manifestations en République sont comprises et respectées, on n’aurait pas appelé à s’abstenir de recourir à la violence », a estimé Sékou Kéita.

Une synthèse de Tokpanan Doré