Dégagement des emprises à Conakry : après les bulldozers, le ramassage des gravats

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Après quelques mois de déguerpissement des emprises et la démolition des encombrants physiques le long des routes, l’heure est au ramassage des gravats. Cette opération a été officiellement lancée ce samedi 1er mai à Matoto et à Dixinn par le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, Dr Ibrahima Kourouma. C’était en présence des cadres du gouvernorat et des maires des cinq communes de Conakry.

Dans son intervention de circonstance, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire a rappelé que cette opération s’inscrit dans la continuité de ce que le gouvernement via son département et le gouvernorat de Conakry, a entamé entrepris il y a plus de deux mois.

  « Dans le programme présidentiel, il a été question que le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire et le gouvernorat de la ville Conakry fassent en sorte que le cadre de vie des Guinéens à Conakry et sur l’ensemble du pays soit décent. Cela passe forcément par la création d’un environnement saint. Nous sommes passés d’abord par la sensibilisation, le marquage avant de procéder à la démolition des encombrants physiques sur les emprises des voies. Aujourd’hui, nous entamons la phase de ramassage des gravats pour libérer totalement les emprises », a-t-il fait savoir.

Poursuivant, Dr Ibrahima Kourouma a indiqué que les opérations de déguerpissement des encombrants physiques ont concerné toute la ville de Conakry et ses environnants. D’où, a-t-il insisté, ce ramassage aussi va concerner les mêmes endroits.

« Nous sommes en train d’avancer, nous allons passer à l’amélioration des espaces libérés. Il y aura des pavages et des embellissements. Je réitère que le souci du président de la République est de faire en sorte que les Guinéens vivent décemment. Conakry doit ressembler aux autres capitales de la sous-région. Le chef de l’Etat ne cesse de le répéter que quand le président turc est arrivé à Conakry, qu’il a dit que Conakry ne ressemble pas à une capitale. Après les premières opérations, nous avons vu une ville beaucoup plus aérée, les citoyens ont apprécié et beaucoup d’entre eux ont salué l’acte (…) », a-t-il expliqué.

Dans la même logique, le ministre Kourouma a souligné que chaque année, son département de concert avec le gouvernorat de la ville de Conakry, élargi aux différentes mairies, fait en sorte qu’il n’y ait pas de cas d’inondation. « Après le déguerpissement, il faut enlever les gravats pour éviter les cas d’inondation. Parce que la Guinée est un pays de forte pluviométrie… », a-t-il indiqué.

Pour ceux qui caressent l’espoir de revenir se réinstaller à nouveau après les démolitions, le ministre Kourouma prévient : « certains citoyens tentent malheureusement de revenir et d’autres sont même revenus. Il ne sert à rien de venir se réinstaller dans un domaine qui ne t’appartient pas. Car, un jour vous le perdrez. Il ne s’agit pas des opérations tampon. Nous avons les entamées et elles s’inscrivent dans la durée. Plusieurs citoyens ont été tués par des gros porteurs à cause de l’occupation anarchique des voies. Jadis Conakry était appelée perle de l’Afrique de l’ouest, aujourd’hui quel visage présente-t-elle. C’est ce mauvais visage que nous voulons effacer », a-t-il promis.

Prenant la parole, le maire de la commune de Dixinn Mamadou Samba Diallo, n’est pas allé avec le dos de la cuillère avant de rappeler que si les opérations étaient en veilleuse, c’est pour juste permettre aux gens de souffler un peu pendant cette période de Ramadan.

« Comme la saison pluvieuse s’annonce et le mois saint de Ramadan s’incline, nous avons jugé nécessaire de relancer les opérations de ramassage des gravats pour faciliter la vie de la population pendant la saison des pluies. Cela à penser à certains citoyens qui n’ont rien encore compris de ces opérations qui sont en cours qu’il s’agit d’un feu de paille. Je dis à l’ensemble des populations de Dixinn que ce déguerpissement des emprises n’est orienté contre personne. C’est dans l’intérêt supérieur de la population. Ceux qui pensent que c’est un feu de paille afin d’y revenir, ils se trompent et c’est à leur risque et péril. Ce qui est dégagé, ne sera jamais réoccupé par quelqu’un d’autre. Ce qui veut dire que ce qui appartient à l’Etat, appartient à l’Etat», a-t-il martelé.