Dégradation de l’axe Labé-Tougué : un député vole dans les plumes du FER et des entreprises adjudicataires

septembre 15, 2018 12:20
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Financés à hauteur de plus de sept milliards de francs guinéens, les travaux de la route Labé-Tougué n’ont visiblement pas donné les résultats escomptés. En effet, moins d’une année après la remise de l’ouvrage, cette route s’est aujourd’hui largement dégradée. Une situation que déplore le député uninominal de Tougué qui assimile le contrat de ces travaux de réfection à un acte de mafia orchestré par le fonds d’entretien routier en complicité avec des entreprises adjudicataires qui n’ont aucune expertise établie.

«La route est complètement dégradée, elle hors d’usage, à la limite de la praticabilité. Ce n’était pas un bon travail.  S’il y a eu de l’investissement, ça ne nous a pas profité. La route est encore dégradée comme par le passé. Et c’est seulement la route Labé – Tougué… Les routes secondaires qui relient les villages sont hors d’usage. Elles ne sont pas praticables », dénonce Dr Alpha Mamadou Baldé, le député uninominal de Tougué.

C’est le même constat qui prévaut au niveau des ponts dans les zones rurales. « Les ponts sont très vieux. Certains datent des années 60. Donc, ils devraient être repris, reconstruits ou en tout cas renforcés. Il y a des risques énormes de rupture de ces ponts-là à tout moment. Parce qu’ils sont très vieux et ils ne bénéficient d’aucun entretien. Tout ceci constitue des risques énormes pour la vie des usagers de ces infrastructures », soutient-il.

Pourtant, le contrat de réfection des routes Labé-Mali et Labé-Tougué attribué à quatre entreprises l’année dernière pour un montant de 15 milliards de francs guinéens. Soit, un peu plus de 7 milliards GNF par axe.

« C’est ce qu’on a appris, parce qu’on n’a pas vu le dossier mais on a entendu parler. Comme vous le savez, les contrats des entreprises qui font l’entretien de ces routes sont tous négociés à Conakry. Au niveau régional et préfectoral on ne sait même pas comment les contrats ont été négociés et on n’avait pas un pouvoir de contrôle parce qu’on n’a pas été associé. C’est une mafia comme on le dit entre le fonds d’entretien routier et les entreprises qui se disent spécialisés dans la réfection des routes », fustige le député de Tougué qui considère tous ces investissements comme de l’argent jeté par la fenêtre.

« Si je prends la route Labé-Tougué, il y avait deux adjutateurs du marché. Il y avait le tronçon Tangaly – Tougue et l’autre Labé – Tangaly. C’est celui qui avait le tronçon Tangaly-Tougué qui était plus ou moins spécialisé, qui avait les moyens et qui a pu faire le travail plus ou moins bien. Et celui qui avait le tronçon Labé-Tangaly, n’avait pratiquement aucun moyen et ne connaissait pas ce travail. Donc, on n’a pas eu des routes à la hauteur des 15 milliards  d’investissements qu’on a entendus parler. C’est pourquoi on considère que ces travaux ont été comme de l’argent jetés par la fenêtre », s’insurge-t-il.

Il faut rappeler que la Direction Régionale des Travaux Publics de Labé avait à l’époque bel et bien confirmé le montant de 15 milliards GNF comme étant le budget alloué à la réfection des routes Labé – Mali et Labé – Tougué. Mais très malheureusement, ces fonds n’ont rien servi. Car tous ces tronçons sont de nos jours dans un état de dégradation indescriptible.