Déguerpissement de Kaporo Rails: pour Me Paul Yomba, c’est une « rébellion » de la part de l’Etat

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Les habitants de Kipé 2, menacés de déguerpissement ont assigné en justice au mois d’octobre dernier, l’Etat guinéen qu’ils accusent d’avoir tenté de les déloger arbitrairement. L’affaire est pendante devant le tribunal de première instance de Dixinn et le verdict est attendu le 1er mars. Ce mardi, leurs avocats ont animé un point de presse en haute banlieue de Conakry pour dénoncer le marquage par les autorités des maisons dans ledit quartier.

Me Paul Yomba Kourouma n’a pas été tendre à l’endroit de certains cadres du gouvernement. « L’une des tares de notre administration réside dans le désaveu cinglant que nos cadres poussent par la recherche de l’indu, de l’enrichissement ou par l’envie de voir se faire propulser à des hauts postes de responsabilités, influents à l’Etat dans le seul but de le décrédibiliser, de ternir son autorité, de poser des actes négatifs bien que conscients que leurs réalisations causeraient des dommages irréparables», dénonce Me Kourouma  et d’ajouter : «ce à quoi nous assistons aujourd’hui, est un acte de rébellion de la part de l’Etat lui-même, c’est aussi une atteinte aux droits de propriété et une violation des chartes auxquelles notre pays a adhéré et a souscrit.»

Il se dit surpris de l’attitude des autorités. «Nous avons donc été surpris, mortifiés, indignés de voir des agents de l’Etat cochés les bâtiments litigieux occupés par les citoyens de Kipé 2 alors qu’une ordonnance d’arrêt de toute œuvre de démolition, a été rendue par la présidente du tribunal de première instance de Dixinn. Un arrêt ordonnant l’arrêt de toute démolition et de tout ouvrage sur les lieux jusqu’à ce qu’il en soit décidé autrement», a fustigé Me. Paul Yomba Kourouma.

D’après les avocats, le ministère de la Ville aurait pu faire la distinction entre le Centre directionnel de Koloma et cette zone d’habitation devant servir de zone d’habitation haut standing.

Interpellé récemment sur cette affaire pendante à la justice, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire a répondu  en ces termes : «sur le site de Koloma, il y a un domaine qu’on a appelé zone tolérée. Elle se trouve entre la haute tension et les rails. A ce niveau il n’y aura pas de démolition. Il y a des consignes qui sont très claires et je pense que si les gens habitent dans cette zone, ils ne seront pas touchés.»