Démission du gouvernement: La grave erreur que  Siaka Barry n’aurait pas dû commettre

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S’il ya une chose que Siaka Barry ne regrette pas c’est le fait de n’avoir pas démissionné de son poste de ministre où il a attendu d’être limogé en dépit des divergences y compris avec le président Condé. Au contraire, le président du Mouvement populaire démocratique de Guinée (MPDG) l’a laissé entendre dans l’émission «sans concession» de Guineenews dont il était l’invité ce mardi 29 septembre.

En répondant à la question de savoir s’il allait démissionner ou continuer à  rester au gouvernement, le transfuge du parti au pouvoir devenu opposant trouve que «c’est une question qui comporte beaucoup de dilemmes». Ce moment d’hésitation passé, «j’ai failli commettre la grave erreur de démissionner», enchaine-t-il, disant vouloir «être honnête» sur le sujet.

Dans la même logique, Siaka Barry se veut clair: « avec le recul, j’ai compris que je n’aurais pas dû. Je devais rester au gouvernement, me battre (…) ». Et d’expliquer que, « si vous laissez toujours les plus mauvais s’accaparer de notre héritage commun, ils en feront ce qu’ils sont en train d’en faire aujourd’hui. »

«Depuis ma jeunesse, ajoute-t-il, je suis un pur produit du RPG Arc-en-ciel. Nous qui étions dans une voie vertueuse et qui nous sommes un peu éloignés parce que tout simplement les plus mauvais, les plus démagogues, les plus hypocrites venaient s’accaparer de la chose, nous qui leur avons laissé le pouvoir, quelque part aujourd’hui nous avons notre art de responsabilité dans ce qui est en train de se passer (…)».

Plus loin, déclare M. Barry, « …la vraie démission c’est d’abandonner et de laisser la main libre aux méchants, aux hypocrites et aux mauvais. C’est l’inaction surtout des hommes justes qui envoient tous les maux dans la société», insiste-t-il, citant Martin Luther King.  Et faire son mea-culpa, en ces termes: «j’ai baissé les bras, j’ai laissé le président faire (…). Il me l’a dit la dernière fois il y deux semaines, tout ce qu’il voulait, c’était que je vienne le voir en tête-à-tête et puis qu’on aplanisse ça et c’était fini. Mais franchement je n’avais plus le cœur de le faire. »

Conséquence, conclut-il, « voilà où notre pays en est aujourd’hui, voilà les graves dérives auxquelles nous assistons. Ce qu’ils sont en train de faire. Seulement, même l’opportunité lui est offerte pour revenir et « se battre à l’interne », avec la main tendue du président qui n’arrête pas de l’appeler et le recevoir en audience, l’ancien ministre de la Culture ne semble plus être dans ces dispositions. «Il est trop tard. Le vin est  tiré, il faut le boire», répond-il à la question de savoir pourquoi il n’accéderait pas à la demande d’Alpha Condé.