Déperdition de taxes sur le carburant : ce que l’Etat a perdu d’octobre 2017 à juin 2018 (ministre)

juillet 17, 2018 1:18
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«Le prix du litre de carburant en Guinée n’est pas au dessus de la moyenne par  rapport aux autres pays de la sous-région… D’octobre 2017 à juin 2018, l’Etat a dû renoncer à ses taxes à hauteur 750 milliards GNF sur l’importation du carburant.»

Alors que le syndicat continue réclamer la baisse du prix du litre du carburant à la pompe qui est réajusté à la hausse de 8 mille à 10 mille FG depuis le 1er juillet dernier, le ministre des Hydrocarbures, Diakaria Koulibaly, dans une conférence qu’il a conjointement animée avec ses homologues du Budget,  du Commerce, a tenu à rappeler que ce prix n’est pas au-dessus de la moyenne par rapport aux autres pays de la sous-région. Il s’agit notamment de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali… qui sont, a-t-il précisé, dans les fourchettes de 11 500fg.

Comment le carburant arrive en Guinée et pourquoi la baisse du prix du baril à l’international n’est pas aussitôt ressentie par la population en Guinée ? Le ministre Koulibaly se veut, on ne plus clair: «le prix du litre du carburant était en 2014 à 10 000fg. Une année caractérisée par deux réalités. De janvier à juillet 2014, la tendance à l’international du prix du baril était à la hausse. A partir du mois d’août 2014, nous avons eu le point d’inflexion. Donc, il y a eu l’amorce de la chute du prix du baril. Le phénomène n’a été constaté chez nous qu’en octobre 2014. Pourquoi ? En Guinée, le carburant n’est pas acheté localement parce ce n’est pas une ressource naturelle du pays. Toutes nos commandes sont effectuées 60 jours avant. C’est le délai contractuel. Le fournisseur a besoin de clarifier l’achat et au-delà, il a besoin de planifier la logistique. C’est pourquoi la chute du prix du baril n’a été constatée qu’en août. La Guinée l’a ressentie avec un délai décalé de deux mois… »

Et de poursuivre : « dans tous les pays importateurs de pétrole, dès qu’il y a une variation du prix du baril à l’international, elle ne se ressent qu’après deux mois. Quand le Gouvernement l’a observée en octobre 2014, il a unilatéralement baissé le prix du carburant de 10 000fg à 9 000fg le litre  dès le mois de janvier 2015. A l’époque le syndicat a estimé que le Gouvernement devrait fournir un effort supplémentaire et c’est ainsi qu’il ya eu lieu une négociation en février 2015. A l’issue de laquelle le gouvernement et ses acteurs sociaux ont convenu de fixer le prix du litre à la pompe à 8 000fg».

A la date du 19 février 2016, rappelle le ministre Koulibay, un accord a été signé entre le gouvernement et le syndicat. «Dans cet accord, il y a avait deux préalables : le premier était que le prix du carburant devait se maintenir durant toute l’année 2016 quelle qu’en soit  la variation du prix du baril à l’international. Ce qui était contraire à la réalité. Mais puisse que c’était un accord, le gouvernement avait l’obligation de le respecter. L’autre point était que dans la mesure où le prix du baril dépasse 57 dollars, on ne pouvait ajuster en nous mettant au tour de la table pour discuter les mesures d’accompagnement», a-t-il fait savoir.

Pour terminer, M. Koulibay a rappelé que plusieurs raisons, le prix du litre du carburant n’a pas été ajusté en Guinée et le gouvernement continuait à subventionner le carburant. «D’octobre 2017 à juin 2018, cumulativement, l’Etat a dû renoncer à ses taxes à hauteur 750 milliards de francs guinéens environ. C’est énorme et c’est un dérapage budgétaire de nature à rétrécir la surface financière de l’Etat…», a-t-il martelé.