Dépigmentation : un phénomène de mode qui prend une ampleur inquiétante à Guéckédou

septembre 1, 2018 8:46
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De nos jours, il est très difficile de voir une fille de teint noir ébène. La plupart des jeunes filles considèrent que la dépigmentation de la peau reste le seul élément d’appréciation de beauté leur permettant de séduire les hommes.

C’est cette ambition qui les pousse à utiliser des produits extrêmement dangereux pour leur santé comme l’hydroquinone, le quinacore, les corticoïdes, etc.

Certaines parmi elles utilisent ces produits parce qu’elles ignorent totalement leurs inconvénients. C’est le cas de Adama Sidibé et de Sia Delphine Kamano, toutes les deux, élèves dans un collège de la commune urbaine de Guéckedou.

Elles utilisent les produits éclaircissants parce qu’elles estiment que ces produits les aident à lutter contre les boutons sur la peau.

Contrairement à ces nombreuses femmes qui pratiquent la dépigmentation, Mariam Sewa Sidibé, elle la déteste  et se dit fière de son teint noir. Elle poursuit que tout homme qui l’aime, l’aimera avec son teint naturel. Mais elle refuse toute idée de dépigmentation de sa peau.

Bilguissou Baldé, étudiante de la 3ème année Chimie de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry ajoute: «je n’aime pas les produits éclaircissants. Car, ils sont dangereux pour la santé. Ils rendent la peau faible et font apparaître des boutons et des taches sur le corps. C’est pourquoi je conseillerai aux femmes de ne pas détruire leurs teints naturels pour juste s’attirer les faveurs des hommes. C’est Dieu qui les a créées ainsi, elles doivent être fières de cela. »

Ces produits qui inondent nos marchés détruisent la mélamine, exposent la peau à toute sorte d’agression et rendent difficile la cicatrisation en cas de blessures graves sans compter leurs conséquences surtout pour les personnes qui doivent subir les interventions chirurgicales, a déploré un spécialiste de la santé.

Interrogé sur les dangers auxquels sont exposées les personnes utilisatrices des produits éclaircissants, Pr Mohamed Cissé, Dermatologue au CHU de Donka, affirme que l’utilisation de ces produits favorise les infections à savoir, les infections cutanées, bactériennes, virales et parasitaires.

Ces produits peuvent aussi favoriser, a-t-il expliqué, l’apparition de certaines maladies telles que les vergetures, l’acné (boutons), l’infertilité, les troubles des règles, le diabète, le cancer de la peau, les insuffisances rénales, l’hypertension artérielle et le surpoids etc.

De son côté, Dr Onivogui Akoï, traumatologue de l’hôpital Préfectoral de Guéckédou, justifie cette  dépigmentation par  un manque d’informations, par l’influence de la mauvaise fréquentation et les réseaux sociaux.

Poursuivant, il déclare: « nous rencontrons beaucoup de difficultés avec des patientes dépigmentées quand elles ont des fractures ouvertes. Il est très difficile de faire la suture. A chaque fois qu’on tente de rapprocher les berges, le fil déchire la peau. »

Quant au docteur Balla Moussa Kéita de l’ONG International Médical Corps : « les personnes qui blanchissent leur peau comme une salamandre ignorent le danger qu’elles courent par rapport à ce phénomène. D’abord, elles ont des difficultés de cicatrisation en cas de blessure, mais aussi la diminution du système immunitaire, avant d’ajouter que la dépigmentation de la peau favorise le diabète, l’hypertension, le cancer… »

C’est qui est paradoxal, aujourd’hui certaines femmes qui travaillent dans les services sanitaires et d’autres intellectuelles qui devaient sensibiliser leurs paires sur le danger du phénomène sont aussi dépigmentées. A celles-ci, s’ajoutent certains jeunes garçons  entrés pleinement dans la dance en se dépigmentant de la tête aux pieds. Ces dépigmentés (femmes et hommes) présentent des taches de panthère sur leur peau et  dégagent une odeur nauséabonde.

Vu l’ampleur de cette dépigmentation, beaucoup d’analystes se demandent  quel sera à l’avenir l’identité des noirs africains tant défendue par nos ancêtres. C’est pourquoi, c’est le lieu et le moment d’organiser des campagnes d’informations, de sensibilisation  de la population et surtout interpeller le gouvernement afin d’interdire, à l’instar des pays occidentaux, l’importation et la vente de ces produits jugés dangereux pour la santé publique.