Depuis Guéckédou, Dr Faya Millimouno accuse le pouvoir de «créer le chaos pour faire prospérer l’agenda du troisième mandat»

octobre 18, 2018 6:42
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En mission de son parti dans l’arrière-pays depuis le mercredi 3 octobre dernier, le leader du Bloc Libéral ne perd pas le fil de l’actualité sociopolitique du pays. Dr Faya Millimouno, dans une interview téléphonique accordée à Guineenews, la commente entre ces lignes.

D’entrée, le président du BL, fait noter que le pays traverse des moments très difficiles sur le plan politique avec une instabilité totale tant à Conakry, dans les villes provinciales de l’intérieur du pays que dans les communes rurales.

« Dans la ville de Conakry, on a vu deux journées de suite de ville morte, en tout cas nous de l’intérieur, par les images que nous avons reçues, auraient été bien suivies. A Guéasso, nous avons eu une mission du parti qui a été prise à partie. Là, nous avons déploré 17 personnes blessées dont quatre dans un état grave. Simplement parce que la mouvance a choisi de ne pas respecter les accords, puisque dans les accords qui ont été signés le 8 août, il était question que dans cette commune rurale de Lola, que ce soit l’opposition qui désigne le maire. Or, il n’y a que deux listes des partis d’opposition : une liste de l’UFDG qui a obtenu deux et une liste du Bloc Libéral. Donc, il n’y a aucun problème quant au choix de celui qui devait être le maire », soutient-il.

« Nous avons vu à la place plutôt de la violence exercée sur nos militants et sympathisants. Aujourd’hui, nous avons encore des gens à l’hôpital de Lola. Et nous avons déjà soumis plusieurs plaintes à la Justice de paix de Lola pour que justice soit faite. Et nous pensons que cet accord doit être respecté. Et le Bloc Libéral doit bien désigner le maire à Guéasso », poursuit Dr Millimouno qui déplore également des blessés dans la ville de Kindia avant de rappeler les mêmes problèmes à Boké.

En plus de cela, l’incarnation de la quatrième force politique du pays révélée par la présidentielle de 2015 fait remarquer la crise dans le secteur éducation avec le Syndicat qui a lancé un mot d’ordre de grève générale qui, de son avis, reste très suivi.

« Parce que partout où nous passons, nous déplorons le fait qu’aucune école ne soit ouverte. Et donc, les enfants sont en train de voir leur avenir complètement foutu en l’air par une attitude du gouvernement que nous trouvons très irresponsable », s’indigne le politique Millimouno.

De toutes ces situations malheureuses, le leader du BL déduit que les actuelles autorités du pays se sont inscrites dans une dynamique : « créer le chaos pour faire prospérer l’agenda du troisième mandat. Voyez un peu comment les crises s’accumulent. Nous avons la crise avec le Syndicat des enseignants. Nous avons la crise avec les acteurs sociaux, les acteurs politiques, notamment à cause de la Cour constitutionnelle. Par rapport aux questions électorales, il y a également la crise. Il n’y a aucun domaine aujourd’hui qui échappe à ces crises récurrentes. On est donc dans une dynamique : celle de créer le chaos véritable pour que personne n’ait le temps de réfléchir sereinement pour faire avancer un agenda positif pour notre pays », révèle Dr Faya Millimouno.

S’agissant du mode d’installation des exécutifs communaux, notre interlocuteur indique que celui-ci est le reflet de la gouvernance du président Alpha Condé.

« C’est chaotique. C’est déplorable », s’offusque-t-il. « Normalement, la loi prévoit que pour l’installation des conseillers communaux et de leurs exécutifs, qu’il faille avoir du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation un arrêté appelant les conseillers à l’installation de leurs conseils. Et cet arrêté devait faire échos des élections qui allaient être conduites à cette occasion. Hélas ! Jusqu’aujourd’hui, personne n’a vu un arrêté signé par le ministre de l’Administration du Territoire. Un arrêté a peut-être été signé, mais c’est un arrêté dont seulement une partie des guinéens a accès. Et c’est à Guéckédou que nous nous sommes rendu compte de cela à travers le préfet », se désole Dr Faya Millimouno.