Des diplomates chez Cellou Dalein : vers une décrispation politique ?

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La réélection du président Alpha Condé au lendemain de la présidentielle du 18 octobre 2020 n’a pas mis fin à la crise sociopolitique qui sévit en Guinée. Depuis, rien ne va plus entre le pouvoir et certains opposants notamment le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) dirigé par Cellou Dalein Diallo.

En plus de la fermeture des bureaux et du siège de son parti, l’ancien chef de file de l’opposition est “interdit” de sortir du territoire. Même si officiellement, rien n’est dit, il a été refoulé à l’aéroport lorsqu’il tentait de se rendre aux obsèques de son ami et opposant malien Soumaila Cissé, décédé des suites de Covid-19 au mois de décembre à Paris.

Dans le cadre de la décrispation politique, des discussions sont engagées dans l’ombre. Des acteurs politiques, des leaders religieux, de bonne volonté ainsi que des diplomates travaillent en coulisse pour ramener les parties en conflit autour de la table de négociations.

Mais comment négocier avec un régime qui a mis en prison la quasi-totalité des membres de l’état-major de son parti, s’interroge-t-on au niveau de l’UFDG.

C’est sans doute pour apporter une réponse à cette question fondamentale que des diplomates des pays amis de la Guinée ont eu des “échanges fructueux ce mardi” avec Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG. Il s’agit des ambassadeurs de l’UE, de l’Allemagne, les Chargées d’Affaires de la Belgique et de l’Espagne ainsi que du Conseiller politique de l’ambassade de France.

Selon le président de l’UFDG, ces “entretiens ont porté notamment sur la crise sociopolitique actuelle, les violences post-électorales, la détention arbitraire de mes plus proches collaborateurs et de centaines de mes partisans et alliés.

Après cette rencontre, il reste à savoir si ces entretiens pourront décrisper l’atmosphère politique guinéenne.

En attendant, ils sont plusieurs opposants et activistes du FNDC qui croupissent sans aucun jugement à la Maison centrale de Conakry.

Pourtant dans son discours d’investiture le 15 décembre dernier, le président Alpha Condé a annoncé sa main tendue à son opposition, particulièrement à celle qui souhaite travailler avec lui “pour le bonheur de la Guinée”.

Aujourd’hui, les organisations de défense des droits de l’homme condamnent la détention prolongée des opposants sans jugement. Déjà, quatre parmi sont décédés dans les geôles.

En tout cas, cette situation risque d’écorner un peu plus l’image de la Guinée qui vient de prendre la présidence du Groupe des 77 plus la Chine à l’ONU.

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