Destitution de Kèlèfa: Dr Oussou promet d’écourter le 2ème mandat d’Alpha s’il cherche un 3ème

septembre 29, 2018 7:37
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La destitution de Kèlèfa Sall à la tête de la Cour constitutionnelle est perçue par de nombreux Guinéens, notamment la société civile et l’opposition politique comme étant une preuve de la volonté d’Alpha Condé de s’offrir un troisième mandat. Ce samedi 29 septembre, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Dr Fodé Oussou Fofana a accusé le président guinéen d’avoir un agenda caché, mais que l’opposition ne se laissera pas faire: « la paix a un prix, c’est la justice. Si M. Alpha Condé veut la paix, nous voulons la paix. On est au mois de septembre 2018. S’il n’avait pas l’intention de faire un 3ème mandat, M. Alpha Condé aurait déjà fait une déclaration pour dire qu’il n’est pas candidat. Il aurait déjà permis au RPG Arc-en-ciel d’avoir un président. Mais il ne comprend pas. Il pense qu’il est capable de faire un 3ème mandat mais il verra le peuple de Guinée debout devant lui. C’est que M. Alpha Condé cherche pour son projet de 3ème mandat, nous allons écourter rapidement son 2ème mandat. »

Si Kèlèfa Sall n’est pas maintenu à son poste, Dr Fodé Oussou pense aussi à destituer le président de l’Assemblée nationales, surtout que la prochaine rentrée parlementaire est prévue pour le 5 octobre: « s’il (Alpha Condé, ndlr) enlève Kèlèfa Sall, nous allons semer la pagaille à l’Assemblée nationale et mettre Damaro (Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire RPG Arc-en-ciel, ndlr) à la place de Kory Kondiano. Préparez-vous. N’ayez pas peur. Il a envoyé des armements, il va faire une démonstration de force. Il a l’impression qu’il peut nous effrayer avec. Personne ne peut effrayer les Guinéens. C’est la confrontation entre l’injustice et la justice. Nous allons démontrer au peuple de Guinée, à la communauté internationale que nous n’allons jamais accepter que M. Alpha Condé instaure la dictature dans notre pays. Le seule adversaire qu’on a, il s’appelle M. Alpha Condé, le seul adversaire, c’est lui ce n’est pas le RPG. Le RPG aussi est victime de M. Alpha Condé. Depuis 1990, il a refusé d’organiser un seul congrès au niveau du RPG. Il est le président de la Guinée et le président du RPG Arc-en-ciel, personne n’ose dire un mot. M. Alpha Condé n’aime pas la Guinée, M. Alpha Condé n’aime pas les guinéens, il n’aime personne. M.Alpha Condé a un seul objectif, c’est de s’enrichir. Prendre l’argent, prendre nos richesses les mettre en poche et les utiliser… Maintenant le combat, c’est le peuple de Guinée contre un homme qui s’appelle M. Alpha Condé et c’est ce combat-là qui va commencer lundi. On n’a pas besoin de démontrer est-ce qu’il veut un troisième mandat. M. Alpha Condé veut un troisième mandat. Tout ce qu’il a comme programme, c’est comment avoir un troisième mandat. »

Revenant à la situation de la Cour Constitutionnelle, le Vice-président de l’Ufdg demande au président de la République de désavouer les conseillers qui ont destitué Kèlèfa Sall.

« Vous avez vu ce qui s’est passé à la Cour Constitutionnelle. Vous pensez que c’est ces huit conseillers de la cour pouvaient avoir l’audace et le courage de destituer M. Kèlèfa Sall ? Leur parrain, c’est M. Alpha Condé. Je voudrais ici et maintenant lancer un appel à M. Alpha Condé, il lui reste quelque heures. Nous espérons que d’ici le soir, pour la paix, pour le pays, s’il aime le peuple de Guinée, s’il veut sortir de ce pays par la grande porte, nous lui demandons de prendre un décret ce soir et de désavouer complètement ces huit conseillers et dire que ce qu’ils ont fait n’est pas normal et engager une procédure pour les trimballer à la justice. Si M. Alpha Condé ne le fait pas, s’il a le courage de confirmer par décret le hold-up électoral au niveau de la Cour constitutionnelle, croyez-moi que ce pays sera ingouvernable parce que nous n’accepterons plus.  Nous ne sommes pas dans la jungle, nous sommes dans un pays et on est gouvernés par la loi. M. Alpha Condé est un homme, il n’est pas Dieu. C’est un homme, c’est les humains qui l’ont mis comme président. Nous avons une constitution, nous sommes gouvernés par la constitution. M. Alpha Condé, on le respecte en tant que président parce qu’il est protégé par la constitution. Les institutions sont protégées. M. Kèlèfa Sall est président d’une institution. Les règles et les procédures de la constitution sont connues pour enlever un président. On respecte les règles et les procédures. M. Alpha Condé le sait, les conseillers savent qu’ils n’ont pas respecté la procédure, ils sont en train d’écouté les instructions de M. Alpha Condé. La pagaille, c’est lui. Je le dis ici solennellement, si M. Alpha Condé viole la constitution, faire partir Kèlèfa Sall de cette façon croyez-moi, lui-même, nous allons créer les conditions pour son départ de ce pays. Si M. Alpha Condé prend un décret pour faire partir Kèlèfa Sall, nous allons adapter la même procédure avec pagaille pour faire partir Claude Kory Kondiano. Certainement on va mettre son Damaro à la place de Kory parce que nous on n’a pas besoin de gouverner avec lui.  Nous allons adopter la même pagaille dans toutes les institutions de la Guinée. Il veut la pagaille, on va l’aider à faire la pagaille.  Si M. Alpha Condé voulait respecter l’indépendance de la Guinée, s’il voulait respecter les 60 ans d’indépendance de la Guinée, il n’allait pas accepter qu’on soit humiliés. Aujourd’hui, nous sommes humiliés.  Les juristes dans ce pays ont démontré par A+B que la loi a été violée. […] Si Kèlèfa Sall est destitué, nous serons dans la légitimité de destituer M. Alpha Condé par la pagaille… »