Détection des minimes : que doit-on appréhender dans ce projet?

septembre 28, 2018 1:02
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Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut corriger une bévue due à une distraction. L’élection du meilleur joueur FIFA est différente du Ballon d’or de France Football, qui déterminera son choix en décembre. Donc, Luka Modric n’est pas Ballon d’or FIFA, mais le meilleur footballeur FIFA de 2018. Chérif Souleymane a été Ballon d’or de France football amateur, Becken Baueur l’a été aussi en 1972, mais Ballon d’or de France football professionnel. Il n’y a que dalle comme « nèm-nèm » chez les amateurs. En tout cas, les deux ballons d’argent de Papa Camara ne lui ont jamais été remis jusqu’à sa mort.

Venons-en au projet du football des minimes de 12-14 ans instauré par la DTN du football guinéen.

Que faut-il appréhender dans ce projet, quel garde-fou à mettre en place ?

Les meilleurs retenus auront la chance d’aller en formation dans les plus grands centres de formation: Paris, Marseille, Bordeaux, Lyon… en France. Les plus performants seront retenus en équipe de France et n’hésiteront pas de changer de nationalité, étant encore mineurs.

Il faut verrouiller cela par des textes juridiques. Les jeunes pourront jouer dans les clubs de formation, mais ils doivent répondre obligatoirement à la sélection nationale et fournir les mêmes efforts et mouiller le maillot de la même façon. C’est là que réside le nœud du problème, puisque s’ils sont blessés ou esquintés, les Etats ne les prennent pas en charge et les clubs les abandonnent. Il y a quelque chose à dire sur cette question et sur l’assurance contre les risques. Rien n’est plus exposé aux risques qu’un footballeur professionnel.

Si rien n’est fait dans ce sens, aucun jeune Africain n’acceptera de venir en sélection nationale s’il a une chance certaine de jouer en équipe de France. A voir les 60% de joueurs d’origine africaine qui ont participé à la victoire au Mondiale de Russie et les critiques qui ont suivi cette victoire, la France devrait rougir et la FIFA devrait bleuir. On soutient toujours cette philosophie : « Gagner avec les talents des autres, c’est usurper la victoire » !

Les autres, ceux qui ne seront pas assez performants, vont rester pour être dans les clubs locaux et former la sélection nationale. A ce jeu, aucune équipe africaine n’ira en demi-finale de la coupe du monde. Et si une équipe africaine crée la surprise pour se trouver en finale, l’arbitrage lui fera le coup du père François. Lors du Mondial de Russie, la VAR n’a pas été en faveur des équipes africaines. D’ailleurs, on est soulagé d’entendre que l’UEFA vient de s’asséner un coup sur la tête pour accepter la VAR, après cette flagrance sur Cristiano Ronaldo, qui a vu sa suspension réduite à un match et non trois, mais en méritait-il même une, après visionnages de la scène ?

La FIFA doit revoir toute la copie avec la CAF. Sans éluder aucun aspect, y compris sur l’arrêt Bosman concernant le nombre d’étrangers admis dans une équipe, nationale ou de club. Il faut donner aussi une chance à l’Afrique, mais toujours les mêmes qui remporte la coupe du monde devient lassant.