Détention des leaders de l’opposition : pourquoi les avocats de l’UFDG et de l’ANAD sont-ils inquiets?

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Ousmane Gaoual Diallo, Ibrahima Chérif Bah, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah, Etienne Soropogui, ont été placés sous mandat de dépôt et sont poursuivis par le tribunal de Dixinn pour « fabrication, stockage, détention d’armes légères, de guerre, de munition ». Des faits qui relèvent du domaine de la criminalité. La détention provisoire pour de telles situations peut aller jusqu’à 12 mois. D’où l’inquiétude des avocats de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) qui a soutenu Cellou Dalein à l’élection du 18 octobre dernier.

« En ce qui nous concerne, nous avons quelques inquiétudes par rapport à l’éventualité d’un procès. Lorsqu’on parle de stockage, de fabrication, de détention d’armes de guerre, de munitions, ce sont là des infractions à caractère criminel.  Et c’est pourquoi le juge d’instruction a été saisi. Dans sa mission, le juge d’instruction est amené à accomplir un certain nombre d’actes qui peuvent s’étaler sur plusieurs, semaines, plusieurs mois. Ils ont été placés sous mandat de dépôt. Et quand on est en matière criminelle, le mandat de dépôt là peut être valable jusqu’à 6 mois. Bien entendu, il a la possibilité de renouveler le mandat de dépôt pour une nouvelle période de 6 mois », a expliqué Me Mohamed Traoré ce 19 novembre lors d’une conférence de presse.

Mais, indique Me Traoré, ils ont la possibilité d’introduire devant le juge d’instruction des demandes de liberté provisoire pour leurs clients pendant cette période de détention provisoire : « Pendant cette période-là, nous avocats de la défense, nous avons la possibilité d’introduire des demandes aux fins de libertés provisoires lorsque les conditions sont réunies. Encore une fois, le juge d’instruction n’est pas obligé d’accéder à notre demande. »

Si le juge refuse d’accéder à leur demande, les avocats ont la possibilité de saisir la chambre de contrôle. Mais pendant toutes ces étapes, leurs clients, qui ne sont pas des moindres, seront toujours en prison : « Mais nous avons la possibilité, lorsqu’il rejette une demande de mise en liberté provisoire, de saisir la chambre de contrôle de l’instruction. Donc il est à craindre encore que cette procédure ne soit mise à profit juste pour garder des responsables politiques en prison, bien sûr cela est encadré par la loi, mais une détention de 4 à 6 mois pour un acteur politique c’est assez lourd. »