Direction de l’Environnement de Siguiri: 22 stagiaires virés sur fond d’un «détournement» de plus de 100 millions GNF

mars 23, 2019 1:59
Photo d'archives

La direction préfectorale de l’environnement de Siguiri vient de se séparer de ses 22 stagiaires qu’elle encadrait depuis 2013 sur fond d’une accusation de détournement portant sur  plus de 100 millions de francs guinéens, a appris Guinéenews. (Photo d’archives)

Si la direction locale de l’environnement invoque l’expiration de la durée du stage et l’arrivée de nouveaux agents pour justifier cette rupture, les jeunes, en revanche, affirment mordus que leur départ est lié à une révélation portant sur un détournement de l’argent des recouvrements d’une valeur estimée à plus de 100 millions que certains parmi eux auraient fait à leurs chefs hiérarchiques au ministère de tutelle à Conakry.

Des hypothèses, disons des accusations que le directeur l’environnement de Siguiri, Mamadi Cissé réfute catégoriquement et qui parle plutôt de décision à motivation purement et simplement administrative.

« Nous n’avons aucun intérêt de prendre ces décisions pareilles. C’est la hiérarchie qui a donné l’ordre. En plus, ce sont des stagiaires. Donc, le délai du stage est arrivé à terme et la préfecture de Siguiri a bénéficié de la mutation de nouveaux agents. Quant à cette prétendue série de recouvrements, nous n’en sommes pas au courant. Ce qu’il faut savoir, c’est que notre recouvrement est essentiellement basé sur les taxes environnementales et nous n’avons rien à nous reprocher. »

Une explication qui ne passe sans doute pas du côté des stagiaires où on continue à défendre bec et ongle l’hypothèse du détournement révélé comme étant la seule et l’unique cause plausible.

En tout cas, à en croire ce stagiaire qui a requis le sceau de l’anonymat, « c’est suite à un compte rendu des recouvrements dans les zones rurales à la hiérarchie à Conakry que le directeur préfectoral de l’environnement, sous la menace, a décidé de renvoyer tous les stagiaires. Sinon, poursuit-il, ‘’il y’a des stagiaires à Kankan et partout dans les services. Le Directeur prétend que nous sommes des stagiaires alors que nous travaillons avec son service depuis 2013. »

D’après d’autres observateurs, cette situation s’explique tout d’abord par l’échec de l’opération de rapatriement des étrangers en situation illégale dans les mines ensuite par la crise de confiance née autour des recouvrements de taxes environnementales qui sont estimés à plus de 100 millions de francs guinéens dans les communes rurales de Siguiri pour 2018.

« Les étrangers sont de retour dans les mines, surtout dans les sous-préfectures de Doko et de Maléah. Et ces gens-là donnent leurs cotisations à la direction préfectorale de l’environnement et aux présidents de districts. A cela s’ajoute l’utilisation par ces étrangers des produits toxiques pour l’environnement. Mais tout récemment, une somme de plus de 100 millions a été collectée dans les recouvrements, mais un flou règne autour de cette somme. Car les agents ont fait un compte rendu financier en dessous de la collecte », nous a témoignés anonymement cet autre interlocuteur.

En outre, selon des documents auxquels nous avons eu accès, seulement pour le mois d’août 2018, il y’a un recouvrement de taxes environnementales de plus de 36 millions de fg dans la commune rurale de Doko et cette commune n’a eu droit qu’à 10 millions de cet montant. Quant au reste, (les 26 millions gnf, ndlr) il a été versé à la direction préfectorale de l’environnement et à la préfecture.

Aujourd’hui la question que l’on se pose est de savoir, qui  perçoit la part destinée à la préfecture? Pour découvrir ce mystérieux receveur, nous avons tenté d’approcher l’administration préfectorale qui, malheureusement nous a fermés portes et fenêtres en dépit de nos nombreuses tentatives.

En attendant de répondre à toutes ces d’ombre relatives à cette situation, les 22 jeunes désormais ex-stagiaires sont actuellement au chômage et ne savent plus à quel saint se vouer.

Affaire à suivre…