Disparition de Jean Molmou à Bignamou (Yomou) : sa famille exprime son inquiétude

mars 1, 2019 9:15

Depuis le mois de décembre 2018, Jean Molmou, un responsable du Bloc Libéral (BL), ressortissant du district de Kpô, dans la commune rurale de Bignamou (Yomou) est porté disparu. Alors que Dr Faya Millimono, président  du BL portait un doigt accusateur sur le sous-préfet dans cette disparition, ce dernier affirmait dans un entretien accordé à Guineenews que le nommé Jean Molmou a pris la fuite suite à une convocation qui lui avait été adressée par le Secrétaire de la préfecture de Yomou.

Se disant de plus en plus inquiète de la disparition de leur fils, la famille par l’entremise de Josué Molmou, frère du présumé disparu, a cru devoir joindre Guineenews pour donner sa version des faits.

« J’ai rencontré le président du district pour lui faire comprendre mon inquiétude suite à la disparition de mon frère parce que sa femme et ses enfants sont-là. Depuis qu’il a quitté au mois de décembre, on ne sait pas où il se trouve. Le président de district de Kpô m’a dit qu’il y a des radios qui en parlent et il y a quelqu’un qui se fait passer pour Dr Faya pour appeler. Il a appelé le préfet et le sous-préfet. Et il m’a dit, j’ai compris, je vais voir », a déclaré d’entrée Josué Molmou.

La famille du présumé disparu dit avoir fait une déclaration à la gendarmerie par rapport à cette disparition. En réponse, selon notre interlocuteur, la gendarmerie leur a recommandé de retourner avec ladite déclaration chez le président de district de Kpô pour qu’il appose sa signature. Là également, aucune suite favorable n’a été donnée à la famille de Jean qui a dû retourner à domicile avec sa déclaration.

« Je suis venu avec la déclaration que la famille a faite chez le président de district. Il a appelé ses conseillers pour condamner l’acte de la famille. Il a dit pourquoi on a attendu longtemps pour venir faire la déclaration. Je leur ai dit que la famille avait peur que ça soit mêlé à la politique parce que c’était au moment des troubles politiques. Deuxièmement, nous savons que le frère était du Bloc Libéral. Leur groupe disait que l’opposition avait été trichée. Et c’est à cause de cela qu’il était poursuivi. Ce problème était entre eux. Je leur ai dit que nous ne pouvions pas mélanger les deux cas. Mais voyant que le maire est installé, nous avons finalement décidé de faire notre déclaration. Et nous venons maintenant déclarer ce qui s’est passé dans la famille. Ils ont levé le ton en disant que là où ils sont, ils ne savent rien. Ils ont dit qu’ils ont été convoqués à Bignamou, ils ont répondu à l’appel, mais Jean n’est pas allé. Ils nous ont dit d’aller. C’est surtout ce qu’a dit le vice-président. Il a ajouté qu’il s’en fout, et si on veut, qu’on aille à Djakarta ou à ailleurs, il ne sait rien de l’affaire de Jean », a affirmé Josué Molmou.

Suite à cela, a-t-il poursuivi, le village et les jeunes se sont retrouvés pour faire part aux autorités locales l’inquiétude de la famille de Jean Molmou. « Ils ont demandé à ce que nous nous retrouvions autour d’une table pour trouver une solution à ce problème. Le président du district a répondu qu’il avait fait un rapport pour envoyer à Yomou. Le village a demandé la faute qu’à commise Jean pour susciter un tel rapport. Il a sollicité que l’on aille d’abord à Bignamou, ensuite à Yomou pour que ledit rapport soit retiré. Les responsables du district ont donc fait retourner notre plainte et nous nous sommes retournés avec à la maison », a-t-il souligné.

Selon Josué Molmou, les autorités reprochaient à son frère, en tant que président de la jeunesse de déclarer qu’il n’y avait plus de président de district. « A cause de cela, chaque fois, on envoyait des militaires à la recherche de Jean à la maison. Un jour, ils ont dit que le Secrétaire général de la préfecture avait convoqué le président du district et Jean à Yomou. Il se trouve qu’une assise se tenait à Kpô, et il se trouvait également que le problème était résolu. Mais la même nuit, les sages ont dit au président de district d’aller chez le sous-préfet pour lui annoncer que le problème est résolu. Il a dit non. C’est la même nuit que les militaires sont venus derrières Jean. Le lendemain, on n’a pas vu Jean jusqu’à nos jours. Nous sommes très inquiets».

Nous avons tenté de joindre le président du district de Kpô pour avoir sa part de vérité, en vain. Mais ce n’est que partie remise car Guineenews ira jusqu’au bout pour connaitre la vérité dans cette affaire.