Disparition de Kèlèfa Sall : les vérités de Faya Millimono du BL  

août 1, 2019 12:20

Dans une interview accordée à Guineenews© dont nous vous livrons un extrait, Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral (BL), s’est exprimé sur le décès de l’ancien président de la Cour Constitutionnelle, feu Kèlèfa Sall. Il dit avoir apprécié le caractère sobre des funérailles du défunt qu’on n’a pas honoré de son vivant. S’il apprécie la présence des magistrats de renom du pays à ces funérailles, le président du BL trouve que la classe politique a agi beaucoup plus dans les mots que dans les actes.

« D’abord la mort, c’est une loi de la nature. Ce qui nous reste pour l’homme, c’est de prier pour le repos de son âme, présenter les condoléances à la famille, la supporter et poursuivre le combat qu’il a mené de son vivant. Il y a des chantiers qu’il a commencés, qui ne sont pas clôturés. La meilleure manière de l’honorer, c’est de continuer le combat et terminer ces chantiers », estime le président du BL.

L’opposant au régime Alpha Condé, qui a lui-même assisté aux obsèques de l’ancien président de la Cour Constitutionnelle, dit être solidaire à la décision de la famille du défunt. Il trouve questionnable que quelqu’un qui n’a pas été honoré de son vivant le soit après la mort.

« Il n’y a pas eu de cérémonie nationale parce que je trouverais personnellement questionnable que quelqu’un qu’on n’a pas honoré de son vivant soit honoré quand il est mort. Et en cela, je suis tout à fait d’accord avec la famille qui n’a pas souhaité que l’on verse des larmes de crocodile suite à la mort de Kèlèfa Sall ».

Cependant, Dr Faya dit avoir été marqué par la présence des magistrats de renom du pays aux funérailles. « Autre chose, il y a eu quand même parmi les personnalités de ce pays des gens qui, peut-être à titre personnel, ont participé aux funérailles de Kèlèfa Sall. C’est le cas du premier président de la Cour Suprême, qui était à la levée du corps. Personnellement je suis allé au cimetière de Kameroun et de là, je suis allé à la maison mortuaire où j’ai rencontré le président actuel de l’association des magistrats. Cela m’a beaucoup marqué. Et je suis rentré au cimetière de Kameroun en compagnie d’autres magistrats de renom dans notre pays dont le célèbre Doura Chérif qui a dirigé le grand procès des gangs », souligne-t-il.

Et de renchérir : « J’ai apprécié la nature sobre des funérailles de Kèlèfa Sall. D’autres ont dit, et je suis d’accord avec eux, que Kèlèfa Sall devait avoir été soutenu plus qu’il ne l’a été, pas seulement par la classe politique, mais aussi par sa corporation même ».

Le président du BL estime aussi que la classe politique n’a pas apporté son soutien comme il le fallait : « La classe politique a fait, mais beaucoup plus dans les mots que dans les actes. Ça me rappelle le sit-in que nous avions décidé devant la Cour Constitutionnelle. Nous nous sommes retrouvés ce jour là-bas, nos militants dispersés, nous avons tenu à nous retrouver devant la Cour Constitutionnelle. Assis, nous avons reçu des gaz lacrymogènes, nous avons eu des coups de matraque comme si nous étions des délinquants. J’ai senti ce jour que la classe politique est beaucoup plus restée dans les déclarations que dans les actes à soutenir Kèlèfa Sall ».

Pour Dr Faya Millimono, feu Kèlèfa Sall reste un modèle pour le pays : « Aujourd’hui, il faut rendre hommage à ce monsieur parce qu’il est un modèle à suivre, il est un modèle à suivre pour les jeunes magistrats et un modèle à suivre pour beaucoup de Guinéens, c’est la Guinée qui gagnerait. Et c’est la Justice guinéenne qui gagnerait », conclut-il.