Disparition d’un camion de faux médicaments à Conakry: l’avocat de la partie civile engagé à tirer l’affaire au clair

mars 11, 2019 10:03

Comme une simple aiguille, un camion-remorque contenant des centaines de tonnes de faux médicaments a miraculeusement disparu dans une brigade sans laisser de traces. Et le chauffeur qui le conduisait au moment de son arraisonnement, emprisonné, y est également sorti alors que le dossier est en instruction.

Deux faits que l’avocat de la partie civile représentée par l’Ordre des pharmaciens et le Syndicat veut tirer au clair pour savoir ce qui a prévalu à ces actes. Me Sory Condé l’a fait savoir lors de l’assemblée générale extraordinaire appelée par les pharmaciens samedi 9 mars 2019, à Conakry.

Sur la démarche, l’avocat a tout d’abord fait comprendre qu’un prévenu qui est placé sous mandat de dépôt, en principe, ne doit être libéré qu’avec l’autorisation du juge qui l’a placé.

« Très malheureusement, ce prévenu (chauffeur du camion-remorque, ndlr) avait son avocat qui a formulé sa demande de façon régulière. Il a saisi les juges d’instruction pour la liberté de son client. Cette demande a été systématiquement rejetée par les juges en question. L’avocat est resté. Et c’est son client qui l’appelle pour lui dire: ‘Maitre, moi je suis libéré’, comme pour dire à l’avocat qu’il ne fait rien », a regretté Me Condé.

A l’heure qu’il fait, la question que se pose l’avocat de la partie civile, c’est celle de savoir comment ce prévenu a-t-il été libéré. Il dit avoir approché l’Ordre et le Syndicat à qui il a rendu compte. Et le crime n’étant jamais parfait, la remorque a disparu, le détenu libéré, mais le dossier reste pendant.

« Nous avons informé le procureur d’instance, M. Manet par le canal de son substitut, Mme Laurie, qui ont remonté l’information au procureur général. Le juge approché, dit ne rien connaitre de la libération de ce Monsieur, ni de la disparition du camion. Quel scénario! Alors que la loi lui donne le plein pouvoir d’agir dans le dossier sans contrainte. Lorsqu’elle m’a dit ça, pendant que cette personne a été libérée alors qu’elle était sous sa responsabilité, le minimum de baba, c’est de démissionner », a-t-il indiqué comme ultime chemin à suivre dans une telle situation, citant à titre d’exemple la Côte d’Ivoire par rapport à la nationalité, où le juge d’instruction incriminé a démissionné.

« Mais nous, nous n’avons pas ce courage-là. La loi 04 du mois de juin 2018 nous donne beaucoup de pouvoirs. Mais, comme le disait l’autre, la liberté ne se donne pas ; elle s’arrache », a enseigné Me Condé, qui ajoute qu’un simple chauffeur, qui est en détention, ne peut en aucun cas, négocier la disparition d’une remorque avec son contenu.

« Donc, l’Ordre et le Syndicat ont demandé d’agir. Et nous allons agir. Car, une population sans santé ne peut demeurer pendant longtemps. Et seuls les pharmaciens participent à plus de 50% à cela. En tout cas, en ce qui nous concerne nous les avocats, nous ne reculerons devant rien. Nous sommes prêts à agir à tout moment et en toutes circonstances. Parce qu’on n’attend de salaire de personne. C’est ça qui fait la fierté de notre profession », a-t-il placé en guise de conclusion.