Dix morts, dispositif intimidant, suppression de bureaux de vote…, les élections du 22 mars vues par l’INDH

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Dans son rapport synthèse sur les élections contestées du 22 mars dernier, l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH) note que le vote a eu lieu sur toute l’étendue du territoire national quoique l’affluence ait variée selon les régions – une faible participation dans les régions de Labé et Mamou, contrairement à Kankan où la participation était élevée.

L’INDH regrette cependant une dizaine de morts le jour du scrutin suite aux affrontements entre contestataires et force de l’ordre. « De même l’avant-veille des élections, des coups de feu ont été entendus dans les environs du Camp Boiro. L’INDH a appris qu’un officier de l’armée y a été tué. Au même moment des armes lourdes ont été déployées le long du pont 8 novembre… Le même jour une trentaine de pickups transportant des éléments de l’armée et de la Gendarmerie ont été vus en cortège sur l’autoroute puis sur la route Le Prince […] Ce dispositif impressionnant et intimidant a semé la psychose au sein de la population », lit-on dans ce rapport dont Guinéenews détient une copie.

Sur le droit à la participation politique des citoyens, l’INDH note qu’un nombre important d’électeurs ont été privés de leur droit au vote par la suppression de nombreux bureaux de vote. L’institution cite les cas de Sangoyah (Conakry) où  deux bureaux de vote ont été supprimés et de Kankan avec 88 bureaux de vote supprimés. « Il y a eu dès lors de l’amalgame entre des électeurs réels mais présentés comme des électeurs problématiques par la CENI et illégalement privés de leur droit de vote et les autres électeurs qui ont pu voter », note l’Institution.

A Faranah, l’INDH note que plusieurs filles apparemment mineures,  curieusement toutes nées le 1er janvier 2001, ont pris part au vote. Dans la même conscription, il y a eu un bureau de vote « ambulant » qui s’est déplacé sur 5 kilomètres pour aller recueillir des votes avant de revenir à son centre de vote  aux environs de 12 heures.

L’Institution a aussi constaté des cas d’incivisme comme la destruction des biens à N’Zérékoré – dans la même préfecture, de vieilles querelles communautaristes ont pu être réveillés –, mais aussi des cas d’abus et de discrimination commis par des agents de force de l’ordre au carrefour de la T6.

Trouvez les recommandations de l’INDH dans son rapport.

 Lire copie: Rapport double scrutin Mars 2020