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    dimanche, 11 avril 2021
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    Documents abandonnés à la police : de rebut aujourd’hui, ils pourraient bien s’avérer trésor demain 

    Cela ne serait pas un miracle, mais un juste retour des choses. Comme on le sait, le fonctionnement normal de l’administration publique se caractérise par une dynamique constante. C’est sur elle que surfent les décideurs pour innover et améliorer sans cesse les méthodes de travail. Dans le cadre précis des Transports, les deux chefs de département qui viennent de se succéder en ce début d’année 2021, ont fait chorus sur deux sujets connexes, interdépendants qui ont une incidence particulière sur l’amélioration des conditions de circulation dans notre pays.

    Il s’agit de la ré immatriculation du parc automobile national déjà annoncée par le ministre sortant Aboubacar Sylla et de la numérisation des permis de conduire que son successeur Mohamed Kéita entend reprendre en mains et conduire à bon terme, au profit bien compris de notre pays.

    Nonobstant les multiples priorités tout autant importantes qu’il doit gérer, le nouveau ministre prend donc les rênes du département des Transports en plaçant ces deux opérations dans son escarcelle de projets à mettre en œuvre dans les jours et semaines à venir, entérinant ainsi le principe sacré et bien connu de la continuité de l’administration.

    Il n’est point besoin que l’on revienne sur les incidences négatives que le long silence des autorités chargées de ces deux importants secteurs a pu entraîner, quand on sait que depuis au moins trois décennies qu’ils ont cours, chacun d’eux a toujours attendu d’être visité ou évalué, ne serait-ce qu’une fois. Cela n’ayant pas été, il est loisible d’imaginer le gâchis qui s’en est suivi. La nature, rappelle-t-on bien souvent, a horreur du vide. Ce qui se vérifie aisément, d’ailleurs.

    Dans ce cas de figure, le temps aidant, doublé du manque de contrôle et de suivi ont sonné le glas de ces deux activités dont le développement exponentiel est à l’aune de l’explosion démographique et de l’accroissement du parc automobile.

    Une nette anarchie s’est instaurée dans les deux secteurs. L’on ne peut nier que des efforts constants ont été entrepris par les services compétents pour assurer une bonne conduite des opérations d’immatriculation et de délivrance des permis de conduire. Mais, il faut dire qu’au fil des ans, ils ont été infestés et gangrénés par des pratiques collatérales de tous genres qui n’ont rien de commun avec l’orthodoxie requise et souhaitée. Ainsi, des faussaires, sentant l’aubaine et profitant des failles relevées, ont-ils fait leur apparition sur le terrain de l’établissement des documents officiels pour véhicules (motos et autos). Opportunisme aidant, à force de grenouillages, ils ont largement concurrencé les services publics. A telle enseigne qu’ils se sont avérés quelquefois maîtres du jeu et experts dans la fabrication de faux documents, notamment les permis et cartes grises.

    Ainsi ont été compromises bien de données essentielles pour l’éclairage objectif des décideurs engagés à faire des études, des projections ou à entreprendre une planification quelconque du secteur. Ils ne disposent pas de statistiques fiables ou d’indicateurs vérifiables sur lesquels s’appuyer. Cela compromet assurément toute la politique de développement qu’ils souhaitent initier ou mettre en œuvre. Au même moment, l’Etat perd des sources de recettes non négligeables pour engranger en retour, rien que des problèmes d’anarchie et d’insécurité.

    C’est dans ce cadre qu’il faut placer l’abandon systématique des documents pour véhicules dans les services de police et de gendarmerie routières. Les propriétaires savent qu’ils peuvent faire recours à des ‘’fabricants’’ plus rapides et moins chers que l’administration.

    Mais, à malin, malin et demi, dit-on. Avec les deux campagnes annoncées de ré immatriculation et de biométrisation des permis, la donne va nettement changer.

    Les milliers de documents actuellement stockés à la police et à la gendarmerie et qui ne sont visités que par les seuls cancrelats et souris qui fréquentent les lieux, vont changer de statut. De poubelle aujourd’hui, ils vont devenir de l’or très bientôt. Cela, pour la simple et bonne raison que leurs propriétaires viendront nécessairement les chercher pour pouvoir satisfaire aux conditions exigées pour les deux opérations projetées. En tout cas, ils n’ont aucune chance d’être régularisés en présentant leurs faux documents fabriqués, lesquels seront forcément rejetés lors du contrôle rigoureux qui sera instauré avant la délivrance des nouveaux documents numérisés.

    Ce sera le moment pour trois secteurs de jubiler : la police, la gendarmerie et le trésor qui vont tous rentrer dans leurs dus longtemps attendus et même inespérés, depuis tout le temps que ça dure. Les deux premiers argueront l’abandon de papiers et le gardiennage subséquent et pour le dernier, (le trésor public), l’amende, jamais perçue, mais réactualisée.

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