Documents en souffrance de paiement au trésor : quand la police et la gendarme en font les frais

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C’est un retour sur un sujet abordé il y a longtemps et sur lequel nous revenons, vu qu’aucun changement pour le corriger, n’est encore perceptible. Toutes les routières de la police et de la gendarmerie le vivent de la même manière. Dans le premier cas, en zone urbaine, dès l’instant que l’agent retire les papiers d’un véhicule dont le conducteur est verbalisé pour une infraction au code de la route, il lui incombe de les déposer sans délai, auprès du chef des services généraux (commandant de peloton) de son commissariat. Lorsqu’il s’agit de la brigade mobile, c’est auprès du commandement de l’unité que le dépôt s’effectue. C’est à ces deux niveaux que les papiers de l’usager verbalisé lui sont restitués après acquittement de l’amende au trésor public.

Il en a toujours été ainsi et la règle est bien connue de tous. De l’avis général, elle simplifie la procédure sur le terrain et profite à la fois aux usagers et aux agents qui s’en accommodent du mieux que possible, malgré quelques grippages qui interfèrent de temps à autre. Les premiers sont assurés de toujours retrouver leurs papiers et les seconds sont à l’abri des plaintes, harcèlements ou interpellations en pleine circulation, pour rétention abusive de documents ou quelquefois même perte de ceux-ci.

Mais, ça c’était avant, au moment où les gens accordaient un certain intérêt aux papiers de leur véhicule (auto ou moto). Eh, oui, il y a lieu de s’exclamer ! Cette période de grande considération accordée aux papiers semble bien révolue. C’est une nouvelle mentalité qui a cours maintenant. Quand l’agent verbalise quelqu’un et lui dit : « Je retiens vos documents, jusqu’au paiement de votre contravention. Vous les retirerez au commissariat contre présentation du reçu du trésor. » Rarement, il obtient une réponse. L’usager lui réserve plutôt une mine tirée et un air renfrogné qui indiquent que la palabre n’est pas loin de se produire. Quelques rares fois cependant, il y en a qui daignent répondre, l’air malin sinon moqueur : « oui, monsieur ou madame l’agent, » selon les cas. « D’accord ! C’est bien compris. Je passerai les chercher. »

Surtout, ne vous y trompez pas ! Il n’en est rien. Ce sont des paroles en l’air. Ils ne viendront plus ! « Adieu papiers. ! (Permis, carte grise, assurance, autorisation de transport et tout le reste.) Gardez-les et faites-en ce que vous voulez »

C’est ce que disent au fond d’eux-mêmes, la majorité des usagers verbalisés à ce jour. Et c’est aussi ce qui explique que les commissariats spéciaux de sécurité routière (police) et les compagnies de sécurité routière(gendarmerie) sont remplis à craquer de documents abandonnés entre leurs mains par des usagers indélicats qui, dans certains cas, n’ont jamais donné signe de vie, depuis des années. Les tiroirs des services de sécurité routière en sont pleins, parfois même on en remplit des malles entières ou des armoires. Ce qui attire cancrelats et souris !

Pourtant, ces documents divers, sont tous essentiels et même indispensables à leurs propriétaires pour conduire leur auto ou moto. Quand ils décident de les abandonner ainsi dans les mains de la police ou de la gendarmerie, cela pose problème et conduit à s’interroger.

Comment conduisent-ils alors, sans permis, sans carte grise, ne serait-ce que pour ces deux documents que les agents demandent toujours en premier, lors de tout contrôle routier ?

La réponse tient à la prolifération des faux documents. De nombreux faussaires se sont établis chez nous. Ils sont fort habiles, bien sollicités et officient en toute impunité. Ils vous produisent, à bas coût et à bref délai, tous les documents administratifs requis pour les autos et motos que vous voulez.

Que l’agent retire donc les papiers de l’usager familier de cet expédient illicite et répréhensible, soit ! Libre à lui. Il n’a qu’à les garder ! Le même jour ou le lendemain, on en fabrique d’autres à la place et le tour est joué !

C’est ce système qui fonctionne à ce jour et il semble avoir essaimé partout dans le pays.

Pour le contenir et annihiler ses effets néfastes pour cet important secteur de la vie nationale, vivement l’informatisation annoncée des cartes grises et permis de conduire !

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