Dr Dieng de UFDG : « Le mot fraude ne suffira pas pour qualifier ce qui est en train de se préparer. »

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En dépit de la présence de l’opposition à la commission électorale nationale indépendante (CENI), le processus électoral en cours est tout sauf consensuel pour ne pas dire rassurant. C’est la conclusion que nous tirons d’un entretien accordé à Guineenews par Dr Souleymane Dieng, député à l’assemblée nationale et responsable de la commission électorale de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Du côté de la principale formation politique de l’opposition (UFDG), on dénonce un chronogramme établi selon l’agenda d’une seule personne. Le président de la CENI dont les décisions et actes pris ne rempliraient pas les critères de fonctionnement de l’institution en charge des élections politiques en Guinée. Maître Amadou Salif Kébé prendrait tout seul les initiatives, en dehors de la plénière de la CENI. « Rien ne répond au critère », le député Dieng.

Comparé à ceux conduits par les prédécesseurs, bien que tout autant décriés dans leurs temps, le processus conduit par l’actuel président de la CENI est décrit par le député de l’UFDG comme le pire que la Guinée ait connu, du moins depuis 2010.  « Jamais je n’ai vu un processus comme celui de Me Kébé », accuse Dr Dieng.

Incohérences et contre vérités

Au-delà du fait que Me Kébé ferait cavalier seul, il y a des éléments pratiques que Dr Souleymane Dieng  reproche à la CENI et à son président. Entre autres, il y a l’intervention d’un autre opérateur (HERMES ndlr) en lieu et place de l’opérateur local (ETI ndlr) recruté, le fait d’avoir des kits dont la capacité serait de 2 Go contre 8 Go prévus, et seulement 1500 ou 1600 membres de démembrements formés sur 4800. Ce n’est pas tout, il désapprouve également que des opérations d’identification avec des fiches sans traces soient menées en lieu et place de l’enrôlement. L’autre reproche qu’il fait à la CENI, c’est l’annonce du début des opérations de saisie  alors que l’assemblage des kits à l’entrepôt est toujours en cours. Des commissions administratives d’établissement et d’élaboration des listes électorales (CAERLE) ajoutées ou supprimées sans explications, encore moins mesures d’accompagnement.  Sans oublier, toujours selon lui, l’inexistence  du volet « affichage des bureaux de vote dans le chronogramme » actuel.

Tous ces manquements relevés, le monsieur élection de l’UFDG prévient que « le mot fraude ne suffira pas pour qualifier ce qui est en train de se préparer ». Et de conclure que « Maître Kébé a un agenda caché qu’il est en train de dérouler… »

De graves accusations auxquelles le président de la CENI a décidé de ne pas souhaité répondre. Au téléphone de Guineenews©, Me Amadou Salif Kébé dit ne pas être dans « cette logique de communication actuellement ». Et d’ajouter « qu’il en laisse les soins aux services de communication si ceux-là le trouvent nécessaire ». Même quand il lui est dit qu’il est personnellement accusé, le mis en caus préfère ne pas répondre. Tout en précisant que son « refus » n’est pas synonyme de mépris pour la presse, celui qui est accusé de tous les péchés d’Israël estime que « les choses vont se justifier d’elles-mêmes. »