Dr Faya interpelle sur les manœuvres du pouvoir à vouloir associer Dadis au projet de 3ème mandat

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Alors que l’on s’achemine tout droit vers l’ultime virage du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Alpha Condé, les velléités de changer la Constitution en vue de lui offrir un autre mandat sont plus que perceptibles sur le terrain politique national.

C’est dans cette dynamique qu’à côté du Front national pour la défense de la Constitution (Fndc), est née récemment une autre entité de contre-attaque sous l’appellation de Coalition démocratique pour une nouvelle Constitution (Codénoc), dont les tenants viennent de boucler une tournée dans la région forestière sur fond de campagne.

Selon le président du Bloc Libéral, la bataille pour le contrôle de la Forêt (région du sud de la Guinée) en faveur du troisième mandat est actuellement à son niveau le plus critique et que les gouvernants s’apprêtent à faire signer un document à Moussa Dadis Camara, pour dire à la Forêt que Dadis lui demande de soutenir le troisième mandat. Le Dr Faya Lansana Millimouno le révèle dans une interview exclusive accordée à Guinéenews et dont voici un extrait.

« L’élite guinéenne est dangereuse. On s’apprête à faire signer un document à Dadis Camara, pour dire à la Forêt que Dadis lui demande de soutenir le troisième mandat. Le cynisme va jusqu’à ce niveau. Or, en 2009, la classe politique guinéenne s’est levée comme un seul homme pour dire qu’elle ne veut pas d’un pouvoir militaire, au temps du CNDD. Cela a conduit la Guinée à vivre l’un des drames de son histoire: viol des femmes, 157 personnes tuées. Ce dossier est encore pendant. Personne n’a encore répondu à une seule question devant la justice. Autrement dit, le procès n’est pas ouvert.

Pour son élection en 2010, le Pr Alpha Condé a fait la promesse à la Forêt qu’il fera rentrer Dadis. Tout le monde le sait. Non seulement Dadis n’est pas rentré, mais il a été empêché à deux reprises d’atterrir, quand lui-même a pris l’initiative de revenir. Et il a dit par médias interposés qu’il est prêt à faire face à la justice. Pourquoi cette justice n’est pas faite? On est maintenant en train de continuer à faire des manœuvres pour l’impliquer dans un débat qui peut le rattraper demain. Car, soutenir le changement constitutionnel en vue d’un troisième mandat, c’est clairement contribuer à tuer la demicratie et l’Etat de droit en Guinée. Sans compter le fait que la jeunesse de cette région, abandonnée à elle-même depuis bientôt dix ans, pourrait ne pas suivre ses consignes en faveur du changement constitutionnel. Il est un fait aujourd’hui que la jeunesse forestière, abandonnée à elle-même, est en train fe migrer massivement vers la Haute Guinée, dans les zones minières, à la recherche du bien-être. Si j’ai donc un conseil à donner au President Dadis Camara, c’est de rester en dehors de ce débat.  Il doit rester à l’écart de ce débat.

Je ne peux pas vous donner de preuves tangibles. Mais, je puis vous dire simplement que dans les prochaines 24 ou 48 heures, on tentera de faire signer à Dadis un document soutenant le changement constitutionnel et donc le troisième mandat. Aujourd’hui, les promoteurs du changement constitutionnel en vue d’un troisième mandat se rendent compte de la difficulté de convaincre la Forêt par rapport au projet suicidaire. Le pouvoir est en difficulté.

Certains ministres originaires de la Forêt sont actuellement à Nzérékoré. Ils se battent pour pénétrer quelque chose qui leur devient impossible. Maintenant, la dernière carte à jouer, c’est de faire intervenir Dadis. Nous pensons que Dadis n’a pas à se mêler à ce débat. La Guinée est à un tournant très important de son histoire. Ce sera, comme je l’ai dit plus haut, contribuer à tuer la démocratie dans notre pays que de le faire« .