Dr Faya: « la crise à la Cour Constitutionnelle, c’est le premier pas vers le 3ème mandat…»

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Dr Faya Milimono, le leader du Bloc Libéral (BL) est sorti ce jeudi matin de sa réserve pour se prononcer sur l’actualité. Plus particulièrement sur les différentes crises qui secouent le pays. Dans les studios de la Radio Espace, Dr Faya s’est défoulé et a asséné ses vérités sans langue de bois…

Interrogé sur la fronde des huit conseillers de la Cour Constitutionnelle, le patron du Bloc Libéral voit la main du Président de la République derrière le dossier. «Tout ce qui se passe actuellement au niveau de cette Cour n’est que le premier pas vers le troisième mandat. Suivez ! Le communiqué des huit conseillers de rebelles est passé sur les antennes des médias publics, trois nouveaux conseillers qui n’ont pas l’âge requis, ont prêté serment devant le Président Alpha Condé sans Kèlèfa Sall. Voilà ! Tous ces actes ne sont pas innocents. Nous allons nous battre pour que Kèlèfa soit maintenu à sa place. Si on laisse ces activistes s’installer pour conduire notre démocratie, ça sera catastrophique. Et si le Président Alpha Condé ne fait pas attention, la course vers le troisième mandat, va le précipité dans le décor et écourter  le second qu’il est en train de conduire. Il lui reste encore deux ans ! Je profite pour lui demander d’enlever son pied sur l’accélérateur. Sinon, les mouvements qui vont se déclencher dans quelques jours ne seront pas bien pour lui », Prévient ainsi Faya Milimono.

Tous ces actes précités sont posés… Pourquoi l’opposition était-elle restée indifférente sans piper mot?

«Ça été un manque de vigilance de notre part. Mais il n’est pas encore trop tard. Il fallait aussi écouter les uns et les autres. Écouter les spécialistes en la matière. On a écouté un très grand constitutionnaliste comme Me Maurice Zogbélémou  Togba. On a compris que la majorité semble aller dans le même sens. Tous ont dénoncé la mauvaise procédure… Nous ferons tous pour faire partir ces activistes. Ils doivent quitter la Cour Constitutionnelle», insistera-t-il avant de se pencher sur le dossier du Port Autonome de Conakry : « ce n’est pas normal. Ce marché gré à gré est dangereux. Mais est-ce-que vous regardez le site Wikileaks ?  57 mille e-mails du fondateur de la société Al Bairak à laquelle on a concédé notre port est associée aux terroristes du monde. La Guinée va être comme la Somalie ? C’est dangereux pour notre pays ! Même pour nous !

Le problème est plus profond. C’est un patrimoine national qu’on brade ainsi à une société qui a des accointances avec terroristes.  Où on veut emmener la Guinée? Nous allons nous battre »

Les émeutes de Mandiana

En ce qui concerne la situation qui prévaut à Mandiana, le leader du Bloc Libéral a déploré l’intervention des militaires à la place des policiers pour le maintien d’ordre. Pour lui, ça été une répression contre les citoyens qui rappellent leur président de la République sur ses promesses tenues vis-à-vis d’eux.

«Ce qui s’est passé à Mandiana est triste. On a réprimé le mouvement des jeunes dans le sang…. Et pourtant les jeunes rappelaient le Président de la République sur ses promesses ! Au lieu de la police ou la gendarmerie, ce sont les militaires qui ont été déployés sur le terrain. Ce n’est pas le rôle de l’armée ! L’armée combat l’ennemi ! Ils ont pris les populations de Mandiana comme des ennemis… ! », soutient-il.

Pour son retour dans l’opposition républicaine, Faya Milimono, a affirmé qu’ils ont aplani leurs divergences. Et que chacun a reconnu son erreur. Ils sont aujourd’hui ensemble pour mener le « combat ».