Dr Oussou sur le référendum : « si on le laisse passer, on vivra pire que la colonisation »

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Le président Alpha Condé a pris un décret le mardi 4 février 2020 pour convoquer les Guinéens à un référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution. Ce référendum sera couplé aux élections législatives du 1er mars.

Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) qualifie cette décision du président de la République de mépris pour le peuple guinéen, et singulièrement pour les chefs religieux qui s’impliquent dans la résolution de la crise sociopolitique.

Récemment, faut-il le rappeler, les leaders religieux ont rencontré le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) pour lui demander de sursoir à ses manifestations en attendant de voir le chef de l’État afin de tenter de fléchir sa position.  Une négociation qui n’a pas produit l’effet escompté. Car, le président Alpha Condé est décidé à faire adopter la nouvelle Constitution.

« Le fait de demander un référendum prouve à suffisance le mépris qu’il a pour le peuple de Guinée, les religieux qui voulaient  donner une chance à la paix. C’est aussi le mépris qu’il a pour les diplomates accrédités à Conakry. Il a aussi montré le mépris qu’il a pour les Nations Unies qui ont envoyé Ibn Chambas ici. C’est un mépris pour ses amis de la CEDEAO pour l’Union Africaine », a souligné le vice-président de l’UFDG chargé des affaires juridiques et sociales.

Pour Dr Oussou Fofana, la question d’empêcher l’adoption de la nouvelle Constitution ne concerne pas que les politiques, mais tout le peuple : « ce n’est pas un problème de parti politique, c’est un problème de tous citoyens. Car, il y a une seule personne qui veut imposer sa volonté et sa dictature à l’ensemble des 12 millions de Guinéens. Il a dépassé la ligne rouge. A partir de maintenant, il est dans la logique de la violence, de la provocation, du mépris. »

En l’absence des ténors de l’opposition, beaucoup de partis politiques ont déposé leurs candidatures pour les élections législatives. Mais nombreux parmi eux ne veulent pas d’une nouvelle Constitution. Dr Fodé Oussou leur demande de se retirer du processus électoral en cours s’ils ne veulent pas accompagner le pouvoir dans sa volonté de se maintenir à la tête du pays. « Aujourd’hui, il y en a qui sont venus pour participer aux élections législatives. Nous attendons la réaction de ces partis politiques car, si tu viens pour des élections législatives et que tu acceptes de participer à un référendum pour donner un 3ème mandat, ça veut dire que tu es du camp d’Alpha Condé. Si tu ne sors pas du processus, c’est que tu es considéré comme un membre à part entière du RPG Arc-en-ciel », estime Dr Fodé Oussou.

Plus loin, le vice-président de l’UFDG fait un clin d’œil à l’Union démocratique de Guinée (UDG) d’Elhadj Mamadou Sylla. « J’espère que les vrais partis politiques qui ne veulent pas d’un 3ème mandat vont sortir purement et simplement du processus électoral. Je sais qu’un parti politique comme l’UDG est un parti majeur qui a déjà fait une déclaration pour dire que si Alpha condé couple les élections législatives au référendum, il va sortir du processus. Je sais que l’UDG est composé des gens responsables, des gens mûrs, qui ne peuvent pas accepter de se dédire », a-t-il lancé.

Pour M. Fofana, si les Guinéens acceptent que cette nouvelle Constitution passe, ils vivront pire que pendant la colonisation française : « on va voir si le peuple de Guinée va croiser les bras pour qu’une seule personne impose sa dictature aux 12 millions de Guinéens. Si cela se fait, ce sera pire que la colonisation. Cette gouvernance est pire que la gouvernance de Sékou Touré où il n’y avait pas de multipartisme. Même en 1958, les gens ont été consultés. On est en 2020 et lui, il imagine imposer sa dictature ? « 

Ahdmed Sékou Touré et Lansana sont morts au pouvoir après, respectivement après 26 et 24 ans de règne. Mais pour Fodé Oussou Fofana, ces deux hommes ont réussi à se maintenir parce qu’ils sont venus au pouvoir jeunes, contrairement à Alpha Condé qui est élu à peine à l’âge de 73 ans. Ce qui lui permet de se poser la question de savoir si les Guinéens vont-ils accepter d’être dirigés encore par un homme de cet âge.