Droit de réponse d’Aboubacar Sylla : De l’opposition au gouvernement, le même discours et la fidélité aux mêmes convictions

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Dans un drôle d’édito trompe-l’œil abusivement intitulé : « projet de nouvelle Constitution : ces incohérences d’Aboubacar SYLLA qui font frémir » paru sur le site : www.guineenews.org, ce jeudi, 10 octobre 2019, son auteur s’y est appliqué dans une diatribe peu ordinaire à dévoyer le récent plaidoyer du Président Aboubacar SYLLA consacré au projet de référendum constitutionnel.

Sans qu’il ne soit vraiment nécessaire de revenir sur le caractère très  impertinent du texte ainsi que de son auteur, la surprise pour plus d’un, par contre, a résidé dans l’attitude de son média qui, en se prêtant à un tel exercice aussi léger qu’incongru aura collaboré à l’alimentation d’un débat de caniveau,  hautement préjudiciable à son prestige et à son intégrité dans l’opinion publique.

En incriminant cette communication qu’il convient d’être appelée désormais et à juste titre, « plaidoyer de Boulbinet », notre fameux auteur en veut pour chefs d’accusation, le supposé caractère excessif et changement du discours du Président SYLLA ainsi que son incohérence présumée du fait de son départ de l’Opposition Républicaine et de son entrée au gouvernement de la République. Quelle sacrée imagination ! Quel mensonge grotesque !

Médisance, simplifications, rapprochements, ce sont là, les revers de notre médaille, liberté de la presse. Le drame de notre presse aura toujours été le fait que des prête-noms de journalistes qui n’ont ni le sens, ni les ressources, encore moins l’intégrité morale nécessaire à la pratique du métier s’y aventurent pourtant et en toute impunité et qui, au moyen de ragots, de commérages, vouent aux gémonies de valeureux citoyens et sapent de ce fait les efforts louables de ceux qui tirent par le haut cette noble profession. Le Président John Adam’s avait vraiment raison d’inviter, au sujet de la presse, à cette sagesse intemporelle « Laissons les médias dirent ce qu’ils veulent et comptons sur la sagesse du peuple ».

N’importe qui, avec seulement un peu de culture et de bonne foi saurait que de telles accusations ne peuvent prospérer, si elles sont proférées à l’encontre du Président Aboubacar SYLLA et s’écrouleraient toute de suite, tel un château de cartes, devant le tout premier et le plus insignifiant test de vérité.

Premièrement, en parlant d’excès dans le discours public, il est clair que le Président SYLLA ne peut jamais figurer au banc des accusés. Puis que s’il y a bien un discours d’un homme politique qui mérite d’être cité en exemple de courtoisie, de pondération et de conformité aux vertus de la république et de la démocratie, c’est bien celui du Président Aboubacar SYLLA. Les guinéens se souviennent encore du caractère totalement objectif de son discours et du débat d’idée auquel il a toujours convié tous les acteurs de la vie nationale à la tribune du porte-parolat de l’Opposition Républicaine. Et il en est de même aujourd’hui. La pondération, ce n’est pas une question de posture, mais bien une exigence de culture, c’est son être-même, son essence.

En saluant les nombreux efforts du pouvoir, à l’occasion de cette sortie médiatique, en faveur de l’amélioration de la qualité de vie des populations et du renforcement de la gouvernance politique et en plaidant avec élégance et éloquence, la cause d’une nouvelle Constitution, le Président SYLLA demeure encore et envers et contre tous, fidèle à sa religion.

En convoquant le passé de l’Opposition Républicaine dans son débat, notre fameux auteur tait cependant, parce que de mauvaise de foi, les objectifs fondateurs de cette entité, ainsi que les circonstances et les tenants et les aboutissants de la crise qui a abouti au départ en son sein du Président SYLLA. Il craint, de toute évidence, d’être démenti par les faits.

Est-il besoin de rappeler à l’origine que les objectifs de l’Opposition Républicaine étaient de favoriser l’ancrage démocratique et l’amélioration de la gouvernance socio-économique du pays, défendus par le truchement de revendications telles que, l’organisation d’élections libres et crédibles qui impliquaient une réforme de l’organe électoral, le départ de l’opérateur technique waymarck et le vote des guinéens de l’étranger. Avec l’analyse objective que le recul dans le temps permet de réaliser aujourd’hui, allez savoir ce qu’il en est maintenant. En tout cas, aux dernières communales et locales de février 2018, le contentieux électoral n’a porté que sur moins de 4% des résultats proclamés par la CENI, ce qui est nettement loin des proportions abyssales des réclamations des scrutins de 2010, 2013  et 2015. Aujourd’hui, plusieurs voyants économiques clignotent au vert, des progrès salués par des institutions financières internationales crédibles. Il y a là un motif de satisfaction sur l’aboutissement du combat noble qu’a été hier, celui de cette entité et la contribution du Président SYLLA au succès de ces revendications est incommensurable.

Pour évoquer la crise avec l’Opposition Républicaine, notre fameux auteur sait pertinemment que ce n’est pas le Président SYLLA qui a quitté l’Opposition Républicaine, mais plutôt, c’est l’Opposition Républicaine qui l’a quitté. Le dévouement fait, par des leaders de la 25ème heure, en ce qui concerne les objectifs fondateurs de cette entité, dans l’unique dessein d’accompagner un seul leader politique au pouvoir au détriment des autres est la cause de la crise de l’Opposition Républicaine. Devenue une entité où régnait la pensée unique et destinée à dénigrer systématiquement notre pays, ses autorités et les actions de celles-ci pour servir des envies et des agendas uniquement politiciens, il n’y avait plus objectivement de raisons d’y demeurer. C’est pourquoi en toute responsabilité, parce que citoyen d’abord avant que politique, le Président SYLLA l’a dénoncée.

En parlant de besoin et de milieu qui changent l’homme, notre fameux auteur sait sans équivoque que ce discours est une véritable introspection de sa situation et qui ne s’applique qu’à lui et à lui seul, faisant ainsi de lui et uniquement lui, à la fois le sujet et l’objet de son observation. Plutôt que de se battre, comme le commandent les exigences d’acteurs de la société civile et des médias, à l’action juste et productive en faveur des conditions de vie de nos populations, notre prête-nom de journaliste trouve des raccourcis et se bat pour des causes et des considérations subjectives, quitte à vendre son âme au diable.

Sait-il seulement que pour le Président SYLLA, la politique n’a jamais été un raccourci. Il entreprend aujourd’hui son action politique à la suite de nombreux efforts consentis dans le secteur privé, lesquels ont conduit à la création d’entreprises qui emploient, depuis longtemps maintenant, plusieurs centaines de personnes et dont la remarquable gestion se passe de commentaires. Ne mangeant au râtelier de personne, ni louangeur, ni dénigreur, il s’investit en politique, non pour se servir, mais servir et pour promouvoir une certaine idée de la Guinée et des guinéens.

En parlant d’incohérence et de reniement de convictions, il est inquiétant de constater toute l’étendue de l’inculture politique de notre fameux auteur qui pour étayer son élucubration ne brandit que comme preuve, l’entrée au gouvernement de la République du Président SYLLA. C’est quand même à s’inquiéter qu’on soit à un tel niveau de débat, de raisonnement chez quelqu’un  qui, normalement a la charge de contribuer à la formation de l’opinion.

En raison des nombreux recoupements dans les programmes des partis politiques partout dans les pays du monde et plus particulièrement le nôtre, il est à dire que l’époque des oppositions politiques irréductibles est définitivement révolue. Nous sommes à l’ère des compromis et des alliances politiques, pour être ainsi sûr d’être à même de trouver des réponses justes et adaptées aux préoccupations des peuples. La France, citée en modèle de démocratie à l’échelle universelle et où le Président de la République et son Premier Ministre sont issus respectivement de la gauche et de la droite, donc de courants politiques différents, avec un gouvernement en plus des mouvances politiques, connait également la participation d’acteurs de la société civile, nous offre la parfaite illustration de cette réalité. Il en va aussi de même pour les pays, comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne pour ce citer que ceux-là, les gouvernements établis sont composés d’acteurs politiques issus de courants politiques différents mais qui, pour trouver des suites favorables à la demande sociale ou pour faire avancer le pays, conviennent d’un programme commun de gouvernement.

C’est après avoir compris que cette dynamique politique est réelle et irrésistible, doublée de la possibilité d’obtenir un levier à mesure de réaliser un pan important de sa vision pour notre grand pays que, mu par le devoir de servir à nouveau la patrie-mère et mandaté en cela par nous les militants, qu’il a fait son entrée dans l’attelage gouvernemental.

L’incohérence c’est le refus de notre fameux auteur d’accepter l’objectivité du plaidoyer de Boulbinet, lequel pédagogiquement a défendu l’esprit et la lettre du gouvernement du peuple, à savoir qu’en démocratie, la souveraineté du peuple en tout est inaliénable et que fondement du « contrat social », la Constitution doit être son émanation. La Constitution du 07 mai 2010 en plus de son péché originel d’illégitimité et de ses nombreuses lacunes constatées à l’usage, ne peut valablement gouverner au destin de la Guinée, même si elle a aidé, par le passé, à franchir un cap difficile et important. Dans le contexte d’aujourd’hui, être démocrate, c’est reconnaitre et accepter que le peuple souverain de Guinée établisse, lui-même, au travers d’un référendum son « contrat social ». Le refuser, et refuser que ceux qui pensent ainsi s’expriment, voilà ce qu’on appelle le fascisme. Le fascisme, c’est donc dévoyer la souveraineté du peuple, la liberté d’expression sur la nouvelle Constitution, la démocratie, la république.

Ce qui est surtout regrettable ce n’est peut-être pas l’impertinence du texte, de son auteur, ce n’est peut-être même pas la médisance qu’il colporte, c’est la malveillance politique à géométrie variable. Notre fameux auteur aurait dû être bien inspiré déjà, dans de précédents articles, consacrés par exemple à Cellou Dalein, promoteur du koudaisme pour Lansana Conté, ou les récentes navettes de Sidya Touré entre le pouvoir et l’Opposition. Non, il ne saurait écrire contre eux. La cible, la seule cible à abattre, c’est Aboubacar SYLLA. Et pourquoi ? Bien malin qui pourra y répondre.

Il est su tout de même, le journaliste, en tout cas, le vrai ; c’est celui qui est à l’écoute des faits et qui, fidèle à l’éthique et à la déontologie de la profession, s’abstient de faire dans la médisance et la simplification et ce, quelques soient les motivations et les tentations. La médisance, voilà le ver dans le fruit du journalisme.

Bangaly KEITA

Directeur de la Cellule de Communication de l’UFC

Note de la rédaction de Guineenews© : De l’incohérence de ses propos, il passe à l’autoflagellation

Aboubacar Sylla, notre ministre d’Etat, ministre des Transports, porte-parole du gouvernement, ancien porte-parole de l’opposition, ou si vous voulez, le directeur de communication de son parti, a raté l’occasion de se taire, une nouvelle fois. Dans un droit de réponse qu’il a adressé à la rédaction de Guinéenews contre l’Edito sur les incohérences du ministre, le directeur de la communication de l’UFC a essayé de décrédibiliser l’auteur de l’article, le qualifiant de médisant, de menteur, de mauvaise foi, etc. Pourtant, les faits restent les faits. En utilisant le mot « incohérence », l’auteur a voulu plutôt être trop courtois envers le ministre.

L’auteur du droit de réponse affirme que Guinéenews en veut à son patron pour son caractère excessif, le changement de son discours, son incohérence du fait de son entrée au gouvernement. Archi faux. Cela n’est écrit nulle part dans l’édito. Notre rôle n’est pas de reprocher ou d’apprécier ses choix. C’est aussi son rôle de défendre le gouvernement dont il est le porte-voix, mais tout en respectant les Guinéens. Car dire que la Constitution de 2010 est faite uniquement pour la transition, c’est se foutre des Guinéens. Et lui-même il a dit que 8 articles de cette Constitution sont consacrés aux dispositions transitoires. La Constitution de 2010 compte 162 articles et seulement 8 sont consacrés à la transition. Est-ce là une cohérence ? Y a-t-il un rapport de vérité entre ce qui est dit et la réalité ?

Très mécontent du traitement, ô combien respectueux, réservé à son patron, le responsable de communication de l’UFC, voudrait, si seulement si, il avait le pouvoir, supprimer la liberté de presse dans ce pays.

L’auteur de ce fameux droit de réponse nous accuse d’être de mauvaise en foi en n’ayant pas rappelé les objectifs fondateurs de l’opposition républicaine. Plus loin, il soutient que ce n’est pas Aboubacar Sylla qui a quitté l’opposition, mais plutôt c’est l’opposition qui l’a quitté. Ça aussi, ce ne sont pas nos salades. Il insinue que l’auteur de l’article aurait la prétention de protéger Cellou Dalein qui avait soutenu le « koudaisme » de Conté et Sidya Touré qui fait la navette entre l’opposition et le pouvoir. C’est là le débat de caniveau, monsieur le directeur de communication de l’UFC. Car le sujet, c’est bien son histoire à rêver débout que M. Sylla veut faire gober aux Guinéens dont « la politique n’a jamais été un raccourci ». Pourtant, c’est par un raccourci qu’il est devenu député en s’inscrivant sur la liste d’un autre parti politique que le sien, avant de devenir ministre de celui qu’il vilipendait avant. Là, je me demande qui a vendu son âme au diable. Est-ce l’auteur de l’article ?

En ratant l’occasion de se taire, le directeur de la cellule de communication du parti du ministre des Transports fait ce qu’on peut appeler l’autoflagellation. Car il dit que son patron, quand il était porte-parole de l’opposition, avait un discours objectif et qu’il conserve toujours, dans le gouvernement, cette objectivité. Pour donc conclure, Guinéenews laisse juger, chers lecteurs, les propos d’Aboubacar Sylla prononcés en tant que porte-parole de l’opposition et en tant que porte-parole du gouvernement. Vous verrez si le milieu ne l’a pas changé et s’il est toujours objectif, comme le prétend le directeur de la cellule de communication de son parti.

Aboubacar Sylla, porte-parole du gouvernement : «Il faut un amalgame entre une nouvelle constitution  qui va régir le fonctionnement des pouvoirs publics, qui va déterminer les droits et libertés individuels et collectifs, et en même temps un hypothétique 3ème mandat qu’ils brandissent comme épouvantail pour justifier leurs actions. »

Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition républicaine : « Le président de la République, par le discours qu’il tient, nous montre tous les jours que cette velléité est de plus en plus présente et que dans ses projets il y a apparemment la volonté de tripatouiller la Constitution, de la modifier ou tout simplement de proposer une autre Constitution qui puisse lui permettre de briguer un 3ème mandat. L’opposition républicaine réitère sa farouche volonté de s’opposer systématiquement à toute tentative de briguer un 3ème mandat par le président de la République. Nous userons de tous les moyens pour que cette situation cauchemardesque n’arrive pas à la République de Guinée, à savoir que le président de la République ait un 3ème mandat alors que la Constitution sur laquelle il a prêté serment l’engage à se limiter à deux mandats. N’oubliez pas que, même s’il y aurait demain, c’est un scénario hypothétique, une autre constitution qui ferait sauter le verrou du nombre de mandats, le président de la République actuel, a prêté serment sur une Constitution dans laquelle il est prévu qu’il n’y aurait que deux mandats et qu’il n’est pas question d’envisager un 3ème mandat, que ce soit de mandats consécutifs ou non. Il a prêté serment sur cette constitution. Si, pour une raison ou une autre, il ne respecte pas les dispositions de cette constitution, il se sera parjuré. C’est-à-dire qu’il sera passible de haute trahison, c’est pour ça évidemment, qu’il refuse de mettre en place, près de six ans après, l’institution susceptible de le juger, à savoir la Haute Cour de Justice

Donc, comme l’a dit Aboubacar Sylla lui-même, les Guinéens ne sont pas dupes. Ils savent qui sont ceux qui n’agissent que dans leur intérêt personnel, pour leur avenir politique personnel.