Droits humains : l’OIM va bientôt mettre en place une plateforme de lutte contre la traite des personnes

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A l’initiative de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM), un Atelier de mise en place d’une plateforme nationale de lutte contre les personnes par le travail s’est ouvert ce mardi 8 septembre 2020, à Conakry. La cérémonie d’ouverture a mobilisé des acteurs transversaux issus de la Société civile, du secteur privé, du gouvernement et du Système des Nations-Unies.

L’atelier, qui s’étendra sur quatre jours, a pour objectif d’initier des stratégies et des actions permettant d’harmoniser les interventions des différents acteurs, d’une part, et de prendre un cadre juridique approprié dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées en milieu de travail, de l’autre. Cela, en vue de rendre opérationnelle une plateforme de lutte contre la traite des personnes et d’identifier et mesurer les actions à mener pour éradiquer l’exploitation de la main d’œuvre en Guinée.

Selon les organisateurs, l’initiative de cette plateforme s’inscrit dans la nécessité d’agir de façon coordonnée et concertée afin d’éradiquer l’exploitation dans le travail. Et pour ce faire, l’OIM a jugé utile d’impliquer les agences de recrutement et employeurs dans la prévention de l’exploitation des migrants ou des travailleurs et travailleuses domestiques.

Dans son discours de circonstance, la Cheffe de mission de l’OIM en Guinée a indiqué que le présent atelier est inscrit dans les objectifs du J/TIP qui est un appui au gouvernement dans la lutte contre la traite et pratiques assimilées financé par le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, à travers le Bureau de recrutement d’Etat américain chargé du suivi et de la lutte contre la traite des personnes.

« L’objectif de cet évènement est de mettre en réseau les principaux acteurs aux niveaux central et local pour appuyer le Comité national de lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées en vue d’identifier des actions et des mesures idoines pour la lutte contre la traite des êtres humains par le travail. C’est pourquoi il est important que l’ensemble des acteurs de la protection des droits humains, y compris les agences de recrutement, puissent se rencontrer régulièrement pour s’interroger sur les méthodes et principes liés aux conditions de travail. Pour agir à cet effet, conformément aux normes et règles internationales, l’OIM suit une approche multidimensionnelle au niveau de la prise en charge des victimes, de la protection des migrants, mais également au niveau institutionnel à travers la mise en place de politiques de gestion des migrations, par exemple », a énuméré Mme Ndiaye Fatou Diallo, tout en ajoutant que la traite et le travail forcé ne pourront être éradiqués que si les différents acteurs nationaux se mettent ensemble et travaillent ensemble.

D’habitude, les Nations-Unies parlent d’une même voix, une voix universelle et unie dans la diversité. Loin de déroger à ce principe, la représentante du représentant du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme, au regard de l’importance de la problématique dont il est question, a apporté sa contribution en ces termes :

« (…). Le cadre légal de ce phénomène existe. Je me limiterai par citer la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ce texte pionnier dans l’échafaudage de nos droits fondamentaux qui nous sont chers à tous. La Déclaration stipule en son article 4 que nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude, que l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sur toutes leurs formes. En dépit de cette déclaration, cette question est encore présente aujourd’hui et les pratiques qui s’y apparent demeurent également un problème grave et constant », a déclaré Marie Amélie.

« En réponse et en guise de contribution à la lutte contre cet esclavage donc, poursuivra-t-elle, le Conseil des droits de l’Homme a, depuis 2005, mis en place un mandat de rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage y compris leurs causes et leurs conséquences, un fonds de contribution volontaire y afférent et un groupe de travail pour les formes contemporaines d’esclavage ».

De son côté, le chef de Cabinet du ministère de l’Action sociale et des Personnes vulnérables a tout d’abord salué les efforts de l’OIM dans son combat dans l’éradication du phénomène de traite en Guinée. M. Idrissa Sané a, par ailleurs rappelé la volonté et l’engament du gouvernement à travers la promotion et la protection des droits des personnes surtout les plus vulnérables.

C’est le ministre du Travail et des Lois sociales, Elhadj Cheick Oumar Diallo qui a officié la cérémonie d’ouverture des travaux. A ses yeux, la traite des personnes apparait comme le phénomène qui constitue l’une des plus graves atteintes aux droits humains.

« Cependant, la plupart des cas de traite humaine reste inconnue surtout en milieu de travail. Cette horrible exploitation prend différentes formes. Parmi les plus connues, on peut citer : l’exploitation sexuelle, l’exploitation par la mendicité, le prélèvement d’organes et les travaux forcés qui se manifestent dans des formes tels que le travail domestique, le travail migrant, le travail dans les domaines agricoles, le travail dans les chantiers de construction, etc. », a-t-il, entre autres, cité.

Motif de joie et de satisfaction donc pour le ministre qui a dit que la mise en place de cette plateforme permettra au gouvernement guinéen et à ses partenaires d’initier des stratégies et des actions qui puissent permettre d’harmoniser les interventions des différents acteurs, mais aussi de mettre un cadre juridique approprié dans le cadre de la lutte contre la traite des personnes par le travail.

C’est sur ces mots qu’Elhadj Cheick Oumar Diallo a déclaré ouverts les travaux du présent atelier.