Ebola en Guinée : Dr Mory Keïta revient sur les enjeux et les défis communautaires

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Parallèlement à la lutte contre le coronavirus, la Guinée continue de faire face à la fièvre hémorragique à virus Ebola. En dépit des efforts cumulés dans la surveillance et la vaccination, et les résultats enregistrés, la tâche reste encore ardue sur ce second front. Dr Mory Keïta a fait le point ce jeudi 15 avril 2021, lors de la conférence de presse animée par le bureau régional Afrique de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Si le « Gestionnaire de l’incident dans la riposte à Ebola (à N’zérékoré) au compte de l’OMS », Dr Mory Keïta admet que des résultats ont été produits par les autorités et les partenaires depuis la résurgence du virus Eboba en Guinée, il reste très mesuré voire prudent sur le sujet. Du fait des facteurs externes qui influencent négativement la riposte.

« Nous avons déjà vacciné 95% des contacts identifiés par l’équipe de surveillance sur place. Ce qui est un bon chiffre », annonce-t-il à l’entame de son intervention. « Néanmoins, tempère le spécialiste en santé publique, l’un de nos cas confirmés et des cas soupçonnés sont encore au sein des communautés ».

Face à la délicatesse de la tâche, avec un précédent fâcheux dans la région lors de l’apparition de la maladie (2024-2016), Dr Keïta affiche une certaine détermination dans la riposte mais reste prudent et raisonne en termes de perspectives. « Nous essayons de les retrouver et de les isoler. Nous avons aussi des défis pour ce qui est du suivi des contacts car 25 contacts ne sont pas encore retrouvés », déplore-t-il.

Revenant aux faits, le gestionnaire de l’incident dans la riposte à Ebola rappelle que « la semaine passée, nous avons eu la résistance communautaire qui a retardé notre mise en place d’actions autour des cas conformés ». Du coup, avoue-t-il, « l’alerte reste toujours optimale à N’Zérékoré qui est l’épicentre et dans les districts voisins ». Surtout que, selon ses propres termes, « nous n’avons pas une bonne performance en termes de surveillance ».

L’évaluation faite, « (…) nous allons améliorer ces indicateurs », promet-il. Insistant sur le fait que « nous n’avons pas encore trop confiance car nous rencontrons des défis au niveau de la surveillance », même si, « nous avons 12 jours consécutifs (sans nouveau cas ndlr)».

Néanmoins, « des efforts de coordination sont en cours pour retrouver ces cas confirmés et tous les cas soupçonnés sur le terrain également au sein de la communauté », promet Dr Keïta dans sa conclusion.