Echec du gouvernement de consensus de 2007 : Kouyaté relève des faiblesses dans le rôle du syndicat

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Lansana Kouyaté, président du PEDN. YBS/Guinéenews

Si le bilan du gouvernement de Consensus de Lanasana Kouyé est différemment apprécié par l’opinion guinéenne, les causes de ce qui est perçu comme son échec ne semblent imputables au seul Premier ministre d’alors. Le président du PEDN a levé un coin du voile sur les tractations qu’il y a eues pour sa nomination et la formation de l’équipe qu’il dirigeait. C’était le week-end dernier, dans l’émission « Sans Concession ».

En rendant hommage « à ceux qui se sont battus » lors des événements de janvier et février 2007, l’ex-Premier ministre de consensus a relevé « aussi les faiblesses » du mouvement, rappelant de passage « qu’un combat n’est jamais parfait ».

Dans cette logique, M Kouyaté fait remarquer « …qu’ils (les syndicalistes, ndlr) n’ont même pas pu imposer au chef de l’Etat ni au gouvernement, qu’on mette dans la constitution, l’existence d’un Premier ministre. Ils ont tout fait mais, Conté a dit non. Mais l’Etat de siège était déjà décrété (…) »

Dans sa version des faits, l’opposant relativise le poids que certains donnent aux leaders de la grève qui a été la cause immédiate de son arrivée à la Primature. « (…) Le président l’a dit lors d’une de ses interviews. Il a dit, c’est moi qui l’ai choisi. Il avait raison de dire que c’est lui qui m’a choisi. Mon nom a été inclus dans une liste de quatre ou cinq, je ne sais plus. Le président a choisi un. (…) C’est un gouvernement consensuel mais vous voyiez des gens qui venaient me dire, n’oubliez pas, c’est le président qui est élu », explique l’invité de « Sans Concession ».

Poursuivant, comme agacé par « l’importance » qui est donné au rôle du syndicat d’alors, Lansana Kouyaté confie : « ceux qui semblaient être les propres, dès que je suis arrivé, ça a commencé par quoi ? C’est les syndicalistes qui sont venus me donner une liste de 35 personnes avec leurs CV, pour que ceux-ci soient nommés comme ministres… »

Une sorte de révélation qui permet de comprendre un peu plus l’échec d’une dynamique, qui en son temps, avait suscité beaucoup d’espoir en Guinée. Non sans relancer les débats sur la nécessité qu’il y a de redoubler de vigilance quand il s’agit de la vraie motivation de certains acteurs sociopolitiques du pays.