Education: le ROPACIDPH demande un transfert de tutelle pour les écoles des sourds de Conakry

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La Guinée abrite le premier forum international des sourds d’Afrique (FISA) du 25 au 27 février 2019. A l’occasion de cette rencontre africaine ayant pour thème: «autonomisation des personnes sourdes : défis et perspectives sur le plan de l’éducation, de la formation professionnelle de l’emploi», la situation de l’école des sourds en Guinée a été mise à nu.

Dans une allocution tenue devant la ministre de l’Action sociale et celui de la Défense nationale, Alpha Boubacar Diop, président du Réseau guinéen de l’organisation des personnes handicapées pour la promotion de la convention internationale sur les droits des personnes handicapées (ROPACIDPH) a critiqué la qualité des programmes dispensés dans les écoles des sourds.

«La réalité aujourd’hui est que l’éducation dispensée aux enfants sourds dans de nombreux pays du continent, y compris le nôtre, ne permet pas d’atteindre l’objectif visé qui est une intégration sociale réussie. Les enfants sourds, au terme de plusieurs années de scolarisation, ne sont pas capables de lire et d’écrire convenablement », a-t-il affirmé. Selon M. Diop, cette situation résulte de la pauvreté de l’enseignement qui est dispensé aux élèves sourds, mais également et surtout « du laisser-aller qui sévit dans la plupart des systèmes éducatifs des enfants sourds par le manque de contrôle de la qualité des programmes pédagogiques dispensés

Cette mauvaise qualité de l’enseignement est imputée au ministère de l’Action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance auquel est rattachée l’école de sourds de Boulbinet (Kaloum). «On note que partout où l’éducation des enfants est placé sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, l’éducation est confrontée à un véritable blocus par le fait que le ministère ne dispose pas de cadres compétents pour planifier et mettre en œuvre des programmes éducatifs de qualité, mais également de contrôle pédagogique du contenu des programmes. Le système éducatif est ainsi privé non seulement de moyens de mesure de la qualité mais également de la possibilité de bénéficier des autres opportunités qui pourraient favoriser son épanouissement et son développement », a expliqué Alpha Boubacar Diop.

Pour corriger cet état de fait, le président du ROPACIDPH a demandé à la ministre de l’Action sociale, Mariama Sylla, d’accepter de transférer les écoles des sourds au ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation : « […] C’est pourquoi, vous me permettrez de profiter de cette occasion pour demander humblement à vous madame la ministre de l’Action sociale, d’accepter que les écoles spécialisées placées sous tutelles de votre département soient transférées au MENA. Vous aurez ainsi rendu un grand service aux enfants et jeunes sourds de notre pays, à leurs familles et la nation guinéenne tout entière. Comme vous le savez, on peut construire un bâtiment et le détruire 100 ans plus tard pour reconstruire un plus bel édifice. Mais tel n’est pas le cas de l’être humain. »

La ministre de l’Action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance a saisi la balle au bond pour annoncer sa volonté de corriger cette situation en formant les enseignants des Ecoles normales d’instituteurs (ENI) et ceux de l’ISSEG en langue des signes: «en collaboration avec le ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation ainsi que celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et des partenaires, nous comptons organiser un module de formation en langue des signes au niveau de l’ENI et de l’Institut supérieur des sciences de l’Education de Guinée afin de généraliser la formation des enseignants  et des professeurs.»