Education : le Slecg, l’autre poil à gratter du gouvernement

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La trêve a été finalement rompue entre le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg), version Aboubacar Soumah et le gouvernement, au grand dam des élèves des écoles publiques. Ils en sont à nouveau dans une épreuve de force qui s’est ouverte dans un climat de vive tension. Deux personnes ont déjà payé de leurs vies les humeurs bellicistes des deux camps antagonistes. Dont cette adolescente fauchée à la fleur de l’âge, au niveau de Hamdallaye-Pharmacie.

C’est le lieu de reconnaître que la grève du Slecg est quasiment suivie dans la capitale et dans plusieurs localités du pays. Excepté Kankan, principale agglomération de la Haute Guinée. Mais aussi principal fief du parti au pouvoir, où les méthodes dissuasives à l’encontre des enseignants ont fait de l’effet.

Cette paralysie du secteur de l’éducation depuis ce 09 janvier, est en train de donner cependant tort à ceux qui ne pariaient plus un kopeck sur la tête du syndicaliste Aboubacar Soumah.

Accusé de n’en faire qu’à sa tête et même de corruption. C’est surtout ses anciens lieutenants que sont Oumar Tounkara et Mohamed Bangoura alias Roméo qui sont devenus ses pires détracteurs.

Mais on voit que toutes les tentatives « déloyales » entreprises par ces sieurs parmi tant d’autres, de couper Soumah de sa base, sont demeurées vaines.

Pour le moment ceux qui se mettent en travers le chemin du secrétaire général du Slecg, risquent tout simplement de se brûler les doigts. Car, on ne joue pas avec le feu, comme le dit un adage bien connu. Les faits prouvant à suffisance que Soumah  a le vent en poupe.

Après Aboudramane Sanoh, le coordinateur du Front national pour la défense de la constitution (Fndc), c’est l’autre poil à gratter du gouvernement. Qui ne sait décidément, comment venir à bout de cette aile dure du Slecg, qui semble être la plus légitime aux yeux du corps enseignant.

Le syndicaliste lui, reste droit dans ses bottes. Comme il l’a confié d’ailleurs à guineenews, à la veille du déclenchement de cette grève. Extraits : « j’invite tous les enseignants à resserrer les rangs et à ne pas se laisser intimider, parce que la machine d’intimidation est déjà mise en exécution dans tout le pays par le gouvernement. Aucun salaire ne sera gelé, c’est notre droit que nous réclamons conformément aux conventions internationales ratifiées par notre pays et conformément à notre Constitution, aux textes et statuts qui régissent le fonctionnement de notre organisation syndicale. Je demande aux enseignants de ne pas se laisser intimider par les Directeurs Préfectoraux de l’Education (DPE) qui sont responsables de toute cette mauvaise gestion des ressources humaines. Ce sont eux qui entretiennent tous les cas de fictifs que nous avons eu à déceler, et le résultat a été tripatouillé par le président de la commission de recensement du personnel enseignant Pr. Alpha Amadou Bano Barry (…).  Pr. Bano a un agenda caché… »

Cette nouvelle grève met à l’eau les sacrifices consentis dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord signé entre le gouvernement et le Slecg en mars 2018. Accord qui avait permis de mettre fin à une grève qui avait duré plusieurs semaines.

Ce sont les fameux 8 millions de salaire de base qui constituent toujours la pomme de discorde entre les deux parties.

On sent qu’Aboubacar Soumah y tient comme à la prunelle de ses yeux. Et ces fidèles le disent solide comme un rock. Pour avoir selon eux, déjoué toutes les manipulations entreprises par l’exécutif pour avoir les enseignants à l’usure.

En attendant que le Slecg et le gouvernement trouvent de nouveau un modus vivendi, il faut déplorer que ce soient les enfants de la populace qui trinquent. Eux qui sont condamnés à subir ce système éducatif à deux balles.